Bugey 1 – Description

Le réacteur nucléaire Bugey 1

 

EN RÉSUMÉ :

Bugey 1 est le premier réacteur qui a été construit et mis en service sur le site nucléaire du Bugey.

Il s’agit d’un réacteur de type UNGG (Uranimum Naturel Graphite Gaz).
Dans ce type de réacteur, le graphite, utilisé comme modérateur, était refroidi au gaz.
Mis en service en 1972, il a été arrêté définitivement en 1994 (au bout de 22 ans de fonctionnement).

Le décret n° 2008-1197, le 18 novembre 2008, autorise le démantèlement complet du réacteur de Bugey 1.

D’après EDF, les opérations de mise à l’arrêt définitif se sont terminées fin 2005 : il aura donc fallu 11 ans pour arrêter effectivement ce réacteur.

Il est actuellement en cours de démantèlement.

D’après l’ASN (sur son site en 2019) :

« L’ASN considère que les opérations de démantèlement du réacteur Bugey 1 et de caractérisation du caisson se déroulent dans des conditions de sûreté satisfaisantes. L’exploitant assure un suivi rigoureux des matériels et des travaux de démantèlement en cours ».

 

PLUS EN DÉTAILS :

En 1965, la France ne disposait pas de la technique d’enrichissement de l’uranium et elle a développé une filière de réacteurs qui fonctionnaient avec de l’uranium naturel.

Le réacteur Bugey 1 en était l’aboutissement. Il venait :

  • après les réacteurs plutonigènes de Marcoule (G2 et G3 de 40 MW électriques)
  • et après les réacteurs à uranium naturel de type graphite-gaz carbonique (UNGG) de Chinon (Chinon 1 : 80 MW, Chinon 2 : 250 MW et Chinon 3 : 480 MW)
  • et entre les deux réacteurs de Saint-Laurent-des-Eaux (480 et 515 MW).

La finalité de ces réacteurs nucléaires était, avant la production d’électricité, la production de plutonium pour le programme militaire français.

Les trois éléments principaux qui caractérisent un réacteur à uranium naturel graphite-gaz (UNGG) sont les suivants :

  • un combustible à uranium naturel (non enrichi) à l’état métallique sous forme de barreaux gainés d’un alliage à base de magnésium (Mg-Zr)
  • un modérateur neutronique constitué de graphite, de qualité nucléaire, sous forme d’empilements percés de canaux dans lesquels sont placés les barreaux de combustible
  • un fluide de refroidissement gazeux, du dioxyde de carbone (gaz carbonique) sous pression.

Avec sa puissance thermique totale de 1 950 MW, le réacteur Bugey 1, qui était le plus gros de la filière, assurait une production électrique nette de 540 MWe et rejetait dans l’environnement 1 410 MW sous forme de chaleur (soit 72,3 % de pertes).

Le combustible était constitué à l’origine par 320 tonnes d’uranium naturel.
Le modérateur était constitué d’un empilement de brique de graphite pour un poids total de 2 080 tonnes.
Le gaz de refroidissement était du gaz carbonique (CO2) circulant sous une pression moyenne de 41,5 bar.
La circulation des 280 tonnes de gaz CO2 était assurée par quatre soufflantes de 20 MW chacune.
Le circuit secondaire fonctionnait avec de l’eau arrivant à 105 °C dans l’échangeur de chaleur et ressortant sous forme de vapeur à 377 °C sous une pression de 33 bar.

Avec ses 540 MW électriques, le réacteur Bugey 1 était le plus gros de la filière.

Le réacteur Bugey 1 (photo J. Guerry – 2012)

 

La construction du réacteur Bugey 1 a été autorisée par décret en 1968.
Il a été couplé au réseau électrique en 1972 et il a été définitivement arrêté en 1994.
Ce réacteur, dont la durée de vie était de 25 ans, aura fonctionné 22 ans et produit 55 TWh, soit une productivité de seulement 52,8 %.

Ce réacteur n’a pas connu d’accident grave, contrairement aux deuxréacteurs UNGG de Saint-Laurent-des-Eaux (480 et 515 MW) qui ont subi deux accidents nucléaires de niveau 4 sur l’échelle INES (accident n’entraînant pas de risque important à l’extérieur du site), en 1969 pour le réacteur A1 (fusion de 50 kg de dioxyde d’uranium) et en 1980 pour le réacteur A2 (fusion de 20 kg de dioxyde d’uranium).

L’arrêt de Bugey 1, en 1992, avait été annoncé en 1988, par le Conseil d’Administration d’EDF.
Les raisons étaient :

  • économiques : par rapport aux centrales à eau sous pression, le coût du kWh était plus cher et un fonctionnement au delà de 1995, aurait nécessité de réinvestir dans l’usine de retraitement du combustible UNGG, puisque l’usine de Marcoule devait s’arrêter en 1997 ;
  • techniques : en présence de gaz à haute température, la corrosion du graphite sous rayonnement entraînait une perte de masse de ce dernier. Ceci réduisait les capacités mécaniques de l’empilement des briques de graphite et imposait l’arrêt du réacteur au-delà d’une certaine valeur de l’usure, valeur qui aurait été atteinte avant l’an 2000.
    Si initialement, le réacteur Bugey 1 fonctionnait avec de l’uranium naturel non enrichi, à partir du 28 juin 1984, il recevait un nouveau combustible faiblement enrichi en uranium 235 (0,76 %).
    Ce choix avait été fait pour redonner de la vigueur à ce réacteur qui s’essoufflait à l’issue de 12 ans de fonctionnement.
    L’origine de cet essoufflement venait d’un dépôt hydrogéné sur les structures internes du cœur, dépôt qui absorbait les neutrons nécessaires à la réaction en chaine et dont l’élimination était impossible.

Aujourd’hui, à l’arrêt ce réacteur est en phase de démantèlement.

Le décret pour les opérations de mise à l’arrêt définitif du réacteur Bugey 1 a été publié le 30 août 1996.

Le décret autorisant le démantèlement complet du réacteur de Bugey 1 a été publié le 18 novembre 2008.

 

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