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Le Magasin InterRégional de combustible neuf

Un Magasin InterRégional (MIR) de stockage de combustible neuf destiné aux réacteurs du parc nucléaire français est installé sur le site nucléaire du Bugey.

 

Le MIR constitue l’installation nucléaire de base n° 102.

(Clic sur les images pour les agrandir)

Un autre magasin similaire est installé sur le site nucléaire de Chinon.

Le combustible UOX (Uranium Oxyde) est constitué par des pastilles de dioxyde d’uranium (UO2) enrichies.

Ces pastilles sont empilées dans des tubes en alliage de zirconium.
Ces tubes d’environ 4 mètres de longueur sont aussi appelés gaines.

L’ensemble pastilles + gaine constitue un crayon. Les crayons sont bouchés aux deux extrémités et sont pressurisés avec de l’hélium.

Les crayons sont ensuite réunis en assemblages combustible
constitués de 264 éléments pour ce qui est des assemblages
les plus courant utilisés en France (17 × 17 = 289 – 24 tubes guides
1 tube d’instrumentation => soit 264 éléments).

Ces assemblages ne sont que faiblement radioactifs, mais ils doivent rester suffisamment éloignés les uns des autres pour éviter le déclenchement d’une réaction nucléaire (criticité).

Les données sur la provenance des combustibles neufs stockés dans le MIR de Bugey restent relativement confidentielles, mais il est probable, qu’en plus de la provenance depuis l’usine ORANO de Romans-sur-Isère, des combustibles proviennent aussi d’Allemagne, de Belgique et même de l’usine américaine Westinghouse en Suède.

Les combustibles stockés dans le MIR de Bugey, sont ensuite dispatchés vers les centrales nucléaires de la vallée du Rhône et de l’Est de la France.

Provenances et destinations des combustibles nucléaires traités au sein du MIR

Le MIR du site du Bugey a été autorisé par le décret du 15 juin 1978.

Cette installation comprend :

  • une zone de stockage proprement dite, d’une capacité de 320 éléments combustibles
  • un hall de manutention
  • et l’ensemble des locaux et équipements annexes.

Elle peut stocker des éléments combustibles pour les réacteurs de 900 et 1 300 MW enrichis en uranium 235 jusqu’à 3,5 %.
Ce taux d’enrichissement a été porté jusqu’à 5,0 % par le décret du 4 juin 1998.
Ce décret précise aussi que ce MIR ne peut pas stocker des éléments combustibles enrichis en oxyde de plutonium (MOX) ou en uranium de retraitement (URT) ainsi que des éléments combustibles incomplets.

Les réacteurs nucléaires de Cruas et du Tricastin fonctionnent avec du combustible enrichis en oxyde de plutonium (MOX), mais ce combustible reste associé dans le cœur du réacteur à des combustibles standards en provenance du MIR de Bugey.

Le 30 mai 2016, dans le cadre du réexamen périodique de cette installation, EDF a déclaré à l’ASN un évènement significatif de niveau 1 sur l’échelle INES concernant un défaut de dimensionnement au séisme majoré de sécurité (SMS) du pont de manutention des éléments combustibles.
EDF a pris des dispositions compensatoires pour pallier les conséquences d’une défaillance du pont en cas de séisme.

À l’issue de l’instruction du réexamen périodique, l’ASN statuera sur les éventuelles dispositions de renforcement du pont à mettre en place.

Cependant les conclusions des évaluations complémentaires de sûreté et le réexamen périodique de sûreté ne sont pas encore rendues par l’ASN.
EDF a transmis ses rapports en octobre 2017 à l’ASN.
L’examen des dispositions de renforcement nécessaires sont en cours et donneront lieu à une décision de l’ASN les encadrant.

Cet examen est mené conjointement pour les deux MIR (Bugey et Chinon) par les services centraux de l’ASN.
La décision devrait être rendue en 2022, soit 5 ans après la déclaration de l’évènement significatif.

Pourtant le site du Bugey n’est pas à l’abri d’un séisme important, comme en 2019 pour la centrale nucléaire de Cruas.

Lire la suite sur le Hold-up de l’uranium

 

 

 

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