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Mai 01 2016

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TCHERNOBYL ! FUKUSHIMA ! BUGEY ?

LE 23 AVRIL 2016, 30 ANS APRES LE DEBUT DE LA CATASTROPHE DE TCHERNOBYL, 5 ANS APRES LE DÉSASTRE PERMANENT DE FUKUSHIMA, DE CHAMBÉRY A LYON, EN PASSANT PAR MACON, BOURG-EN -BRESSE, CHALON, BOURGOIN, AMBERIEU, LAGNIEU, MORESTEL, UNE DIZAINE DE RONDS-POINTS OCCUPÉS  EN RHONE- ALPES POUR DEMANDER                                                                    L’ARRÊT IMMEDIAT DE LA CENTRALE DU BUGEY.

Le collectif STOP BUGEY (Greenpeace Lyon/ RASN, SDN 38/ Actinuke/ Arrêt du Nucléaire Savoie / EELV/ Attac/ SDN Bugey …) organise une nouvelle action multi ronds-points, ce samedi 23 avril avec occupation pacifique de différents carrefours afin d’alerter la population sur les dangers liés à la vieille centrale du Bugey  de plus en plus dangereuse, comme le démontre l’actualité.

 

BUGEY 5 :                                                                                                                                                                     LA « GROSSE EPINE » DANS LE PIED DE BUGEY, A L’IMAGE DE L’ETAT GENERAL DE LA CENTRALE.

Cette tranche n°5 est arrêtée depuis le mois d’août 2015. Des fuites importantes avaient été décelées par l’ASN lors de l’inspection en 2011, au niveau de l’enceinte de confinement                       (3ème barrière de protection du réacteur) et de son radier (socle en béton sur le lequel repose la cuve). L’autorité de sûreté a demandé à Edf de résoudre impérativement ces problèmes de non-étanchéité afin d’envisager un redémarrage de la tranche. Après plusieurs mois de travail, et de tests, le chantier a encore été prolongé et ce, au minimum jusqu’à fin juin. Ces travaux au coût exorbitant et à l’issue incertaine n’ont que trop duré : nous demandons que cette tranche soit arrêtée, non pas provisoirement, mais bien définitivement. Il y a, à travers cet épisode burlesque, la volonté manifeste de passer en force , à coup de centaines de millions d’euros pour un rafistolage d’une tranche qui va bientôt avoir 40 ans et que l’ASN a elle-même prolongée jusqu’en 2022 (le réacteur aura alors 43 ans si tout va bien d’ici là…). Cette « fuite en avant » nous conduit dans une impasse à tous les niveaux, mettant en danger la population de Rhône Alpes ainsi que les travailleurs du nucléaire.                                                              NB : mise en service : Bugey 2 et 3 : 1978 ; Bugey 4 et 5 : 1979

 

AVARIES, FUITES, « PROBLEMES » DIVERS : deux grosses fuites de tritium ont été décelées; la première qui a mis des mois à être localisée -et en partie solutionnée– entre fin 2013 et début 2014 ; et la suivante début 2015. Ces fuites importantes de tritium posent évidemment différents problèmes très inquiétants, notamment en termes de pollution des eaux (un des chefs d’accusation dans la plainte déposée par les Genevois) mais aussi sur l’état général de la centrale (n’oublions pas que nous sommes en amont de Lyon).

En début d’année, sur la tranche 2, des tuyauteries sur le circuit de refroidissement (partie non –nucléaire) qui avaient été décelées fuyardes durant l’été 2015, et donc réparées et changées pour certaines, se sont révélées inopérantes en cas de séisme (« résistance mécanique non-conforme à la tenue d’un séisme »); en résumé, elles ne pourraient pas supporter un tremblement de terre alors qu’elles sont censés répondre aux normes post-Fukushima …L’incident a été classé 1 sur l’échelle INES.

EPISODE DES DRONES : Bugey survolée plusieurs fois par des drones jamais interceptés, entre fin 2014 et début 2015 …aucune explication à ce jour.

ICEDA (Installation d’Entreposage de Déchets Activés) : après 3 ans d’interruption, liée au différents recours en justice au tribunal administratif de Lyon, nous (SDN Bugey) avons finalement été déboutés par le Conseil d’Etat ; le chantier a repris début 2015 et devrait voir le démarrage de l’activité de cette installation au printemps 2017. Nous avons malgré tout gagné 3 ans dans cette bataille qui nous a octroyé un sursis au niveau sanitaire et permis de davantage communiquer pendant ce laps de temps, auprès de la population souvent totalement ignorante de ce projet. ICEDA, concrètement, cela sera plusieurs milliers de tonnes de déchets radioactifs issus du démantèlement des vieux réacteurs français dont Brennelis en Bretagne mais aussi Bugey 1                          (pour lequel au départ, était soi-disant prévue spécifiquement cette structure).

Ainsi, pendant des années, des dizaines de convois routiers ou ferroviaires vont transiter à travers la région Rhône-Alpes chaque mois, exposant les populations des communes traversées.                                                     Le risque sera accru par l’activité même de découpage, et de conditionnement des éléments sur zone, sachant qu’un décret permet d’ores et déjà un rejet de tritium quatre fois supérieur aux normes actuellement en vigueur sur la centrale elle-même. De plus, il faut ajouter à tous ces risques, le problème de l’emplacement du site qui est inondable (à moins de 50 m du Rhône et en amont de Lyon).                                                                                                                                                             A prendre également en compte le risque sismique ainsi que le risque « de chute d’avion »…

PLAINTE DES SUISSES ; début mars ; la ville et le canton de Genève porte plainte contre « X » pour mise en danger d’autrui et pollution des eaux. La convention de la ville suisse, prend en compte dans son développement le risque nucléaire, dans la mesure où la centrale française est très proche (70 km à vol d’oiseau) par rapport aux installations nucléaires suisses beaucoup plus éloignées. Quatre plaignants locaux s’associent à cette plainte et lui donnent ainsi une légitimité nationale.

Et près de 6 millions de personnes vivent dans un rayon de 100 km autour de la centrale, (dont les habitants du Canton et de la Ville de Genève). N’oublions pas qu’en 1984 le réacteur N°4 de cette centrale avait subi une perte complète d’alimentation électrique qui aurait pu conduire à la fusion du cœur. Et cette centrale, comme toutes les autres, rejette en permanence des produits radioactifs et chimiques dans l’environnement.                                               Entre 400 et 2 000 travailleurs « non statutaires » y sont exposés régulièrement à la radioactivité au détriment de leur santé…

  • TCHERNOBYL : 1986, FUKUSHIMA : 2011, et BUGEY ? 2016 …

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