Le nucléaire ne paie plus pour Areva

La catastrophe de Fukushima a atomisé les ambitions d’Areva. Le fleuron de l’industrie nucléaire française va annoncer des pertes “vraisemblablement importantes”, selon le ministre de l’Industrie, Eric Besson, qui a confirmé du bout des lèvres, hier, des rumeurs insistantes.

Areva ne paie plusLuc Oursel, qui a pris la suite d’Anne Lauvergeon à la tête du groupe, à la fin de juin 2011, doit présenter son “plan d’orientation stratégique” aujourd’hui, devant le conseil de surveillance puis aux représentants du personnel. Le patron du leader mondial du nucléaire, qui doit faire face au bouleversement provoqué depuis neuf mois par l’accident majeur de la centrale japonaise, a pour mission de redresser les finances d’Areva. Selon un document interne révélé par l’AFP fin novembre, les coûts de fonctionnement doivent être réduits de 750 millions d’euros d’ici à 2015, dont 500 d’ici à 2013.

Lire la suite

Lien Permanent pour cet article : https://www.stop-bugey.org/industrie-nucleaire/areva-nucleaire-depreciation/

Action rond point Ambérieu 10.12.2011

Action du collectif STOP BUGEY à Ambérieu le 10.12.2011

Le but de cette action était d’interpeler les ambarrois sur les dangers du nucléaire et de réclamer la sortie immédiate du nucléaire. Nous voulions montrer aux habitants, qu’il existe à nouveau aujourd’hui, une dynamique d’associations et collectifs1, permanents et motivés par la sortie du nucléaire; cela, en dehors des « grands » rassemblements.

1Un collectif régional STOP BUGEY,  une association Sortir Du Nucléaire Bugey spécifique et domiciliés ici au coeur du Bugey ainsi que des dizaines d’associations solidaires de notre combat pour la sortie réfléchie du nucléaire, pour la sobriété, l’efficacité énergétique, la vraie indépendance énergétique et bien sur, le développement et la promotion des énergies renouvelables)

Voir ici l’action précédente, du 12-11-2011

Lire la suite

Lien Permanent pour cet article : https://www.stop-bugey.org/archives/action2-rond-point-amberieu-10122011/

Fukushima : l’équivalent d’une région française devenue radioactive

Les conséquences de l’accident nucléaire de Fukushima sur la population commencent à montrer leur étendue. Pneumonies, leucémies ou problèmes hormonaux semblent se multiplier chez les deux millions d’habitants de la région. Les enfants sont en première ligne, alors que les terres, les eaux et certains aliments sont fortement contaminés. De son côté, Tepco, l’exploitant de la centrale, sombre dans le cynisme : les éléments radioactifs qui se sont échappés des réacteurs ne lui appartiennent plus…

« La santé de nos enfants est maintenant en danger. Nous constatons des symptômes tels que thyroïdes enflées, saignements de nez, diarrhées, toux, asthme… » C’est l’appel lancé par un groupe de femmes de la région de Fukushima. Depuis mars, ils sont de plus en plus nombreux à se mobiliser pour alerter sur les dangers sanitaires de la radioactivité, dans la zone concernée par la catastrophe nucléaire, comme ailleurs dans le pays. Des graphiques mis en ligne par Centre de surveillance des maladies infectieuses font apparaître d’inquiétants pics pour certaines maladies au Japon, comme les pneumonies, ou les conjonctivites aiguës hémorragiques.

Des écoliers plus irradiés que les travailleurs du nucléaire

Des prélèvements d’urine effectués par un laboratoire indépendant français (l’Acro, agréé par l’Autorité de sûreté du nucléaire), auprès d’une vingtaine d’enfants de la région de Fukushima ont montré que 100 % d’entre eux sont contaminés par du césium radioactif. Dans cette région, un enfant examiné sur 13 aurait des problèmes hormonaux et un dysfonctionnement de la thyroïde, selon une étude japonaise. Face à l’angoisse des parents, la préfecture de Fukushima a lancé en octobre une grande étude médicale auprès de 360 000 enfants.

Les habitants de la région de Fukushima restent soumis à un important taux de radiation. En avril, le gouvernement japonais a relevé la norme de radioprotection de la préfecture de Fukushima de 1 millisievert/an à 20 millisieverts/an. Ce taux est le seuil maximal d’irradiation en France pour les travailleurs du nucléaire. Alors que la sensibilité des enfants aux radiations est plus importante que celle des adultes, le ministère de l’Éducation considère pourtant comme « sans danger » les écoles où le taux de radiation approche les 20 millisieverts/an. 20 % des écoles de la préfecture de Fukushima dépasseraient ce taux. Dans ces établissements, les activités de plein air sont limitées : les enfants ne sont pas autorisés à rester plus d’une heure dans les cours de récréation et les parcs, ni à jouer dans les bacs à sable. Parallèlement, du césium a même été détecté dans du lait en poudre destiné aux enfants.

Les autorités confirment la vente de riz contaminé

Cette situation est « extrêmement dangereuse », s’indigne le réseau Sortir du nucléaire, qui rappelle qu’« aucune dose de radioactivité n’est inoffensive » : « Les normes d’exposition ne correspondent en aucun cas à des seuils d’innocuité scientifiquement fondés ; elles définissent seulement des niveaux de “risque admissible”. » Dans la ville de Fukushima, située à 60 km de la centrale, la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) a mesuré une contamination de 370 000 Bq/kg de la terre prélevée sous les balançoires d’une école primaire. Une radioactivité énorme. « Ce sol est devenu un déchet radioactif qui devrait être stocké dans les meilleurs délais sur un site approprié », déclarait alors l’organisation.

La nourriture est aussi un vecteur de contamination radioactive. Les autorités japonaises ont étendu le 29 novembre l’interdiction de vente de riz, notamment dans la région de Date, où des milliers d’agriculteurs ont dû suspendre leurs livraisons. Les dernières mesures effectuées montraient une teneur supérieure à la limite légale provisoire, fixée par le gouvernement à 500 becquerels/kg. Neuf kg de riz « excédant les standards de sécurité internationaux » ont par ailleurs été vendus à des consommateurs, ont déclaré les autorités de la préfecture de Fukushima, qui se sont excusées pour « les désagréments causés aux personnes qui ont acheté ce riz » (sic). C’est la première fois depuis la catastrophe que les autorités confirment la vente de riz contaminé. Le présentateur de télévision Norikazu Otsuka, qui consommait en direct des produits de la région de Fukushima pour en montrer l’innocuité, a récemment été hospitalisé pour une leucémie aigüe. Ce qui n’a pas rassuré les deux millions d’habitants de la zone.

L’équivalent de la Bretagne contaminé au Césium

Autre sujet d’inquiétude : le taux de contamination en césium des rivières de la région de Fukushima. Une étude universitaire évalue le niveau de contamination à l’embouchure de l’Abukumagawa à environ 50 milliards de becquerels répandus dans la mer chaque jour. L’équivalent, au quotidien, du césium déversé dans la mer pour tout le mois d’avril, par les eaux « faiblement contaminées » relâchées par Tepco depuis les réacteurs.

Un rapport publié fin novembre par les autorités japonaises souligne que 8 % du territoire du Japon est fortement contaminé par du césium radioactif. Soit 30 000 km². L’équivalent de la superficie de la Bretagne ou de la région Paca. Le césium s’est diffusé à plus de 250 km vers l’ouest, et jusqu’à la préfecture d’Okinawa, à 1 700 km de la centrale, selon le ministère des Sciences [1]. Une zone de 20 km autour de la centrale a été évacuée en mars, et à 30 km les habitants avaient pour consigne de se calfeutrer chez eux, prêts pour une évacuation. Les dernières cartes publiées par le ministère montrent que la zone à risque est beaucoup plus étendue. 300 000 personnes vivent dans la ville de Fukushima, où la radioactivité cumulée atteignait en mai plus de 20 fois la limite légale.

Source : The Asahi Shimbun

À qui appartient la radioactivité ?

À Hitachinaka, à une centaine de km de la centrale, le taux de radiation est de 40 000 becquerels/m², près d’un million de fois supérieur à la radioactivité naturelle locale, avant la catastrophe [2]. Après l’accident de Tchernobyl, les zones où les niveaux de radioactivité dépassaient 37 000 becquerels/m² étaient considérées comme « contaminées », rappelle le journal Asahi, principal quotidien du Japon. Dans le quartier Shinjuku de Tokyo, le taux est toujours de 17 000 becquerels/m² [3]. Dans certaines régions montagneuses, à 180 km de Fukushima, la radioactivité se situe entre 100 000 et 300 000 becquerels/m². Une contamination qui aura des conséquences durables, car la demie-vie du césium 137 est de 30 ans.

Le gouvernement se veut pourtant rassurant. Beaucoup d’habitants n’ont de toute façon pas les moyens de quitter les zones contaminées. La plupart des 160 000 Japonais évacués après la catastrophe attendent toujours des indemnités de la part de Tepco. Le propriétaire de la centrale est de plus en plus critiqué pour sa gestion de l’après-catastrophe. Lors d’un procès concernant la décontamination d’un terrain de golf au Japon, Tepco a sidéré les avocats en se dédouanant de ses responsabilités, affirmant que « les matériaux radioactifs (comme le césium) qui ont été disséminés par le réacteur n° 1 de la centrale de Fukushima et sont retombés appartiennent aux propriétaires des terres et non plus à Tepco » !

Cynisme et manque de transparence

Un argument rejeté par le tribunal, qui a cependant décidé de confier les opérations de décontamination aux autorités locales et nationales. Tepco va jusqu’à contester la fiabilité des mesures effectuées et affirme qu’un taux de 10 millisieverts/heure n’était après tout pas un problème et ne justifiait pas de maintenir des terrains de golf fermés. Les mesures effectuées sur ces terrains mi-novembre ont pourtant détecté un taux de césium de 235 000 becquerels par kg d’herbe : à ce niveau, la zone devrait être classée comme interdite selon les standards mis en place après l’accident de Tchernobyl, souligne Tomohiro Iwata, journaliste du Asahi Shimbun.

Au cynisme de Tepco s’ajoute le manque de transparence. Le 28 novembre, l’entreprise a annoncé que Masao Yoshida, 56 ans, directeur de la centrale de Fukushima au moment de la catastrophe, a dû quitter son poste pour des raisons de santé. Il a été hospitalisé en urgence. Tepco refuse de donner davantage de précisions. Par ailleurs, un projet du gouvernement d’organiser un monitoring en temps réel des radiations dans 600 lieux publics de la préfecture de Fukushima, notamment les écoles, devait démarrer en octobre. Il a été reporté à février 2012. Argument évoqué : l’entreprise qui devait fournir les équipements n’a pas pu tenir les délais.

Le béton des réacteurs rongé par le combustible

Les experts estiment que les efforts de décontamination devraient coûter au Japon 130 milliards de dollars. À cela risquent de s’ajouter des coûts sanitaires et environnementaux encore difficiles à comptabiliser, tant le risque sanitaire semble être aujourd’hui minimisé. D’après Tepco, la situation de la centrale est aujourd’hui stabilisée [4]. La température des réacteurs 1, 2 et 3 – qui ont subi une perte totale du système de refroidissement en mars – serait maintenue en dessous de 100 degrés. Le risque sismique n’est pourtant pas écarté, qui pourrait de nouveau aggraver la situation. Dans un rapport rendu public le 30 novembre, Tepco explique que le combustible du réacteur 1 aurait entièrement fondu, percé la cuve et rongé une partie du béton de l’enceinte de confinement, sur 65 cm de profondeur. Le combustible fondu serait à 37 cm de la coque en acier. Mais ces analyses reposent sur des estimations et simulations informatiques. Impossible d’avoir des informations plus précises.

Pendant ce temps, la vie continue dans les régions contaminées. Le 13 novembre, dans la ville de Fukushima, était organisé le marathon annuel, Ekiden. Des jeunes femmes ont couru 40 km, sans aucune protection, dans une des zones les plus contaminées du Japon. Un journaliste japonais y a relevé des taux de 1,4 microsieverts/h (soit plus de 12 fois la limite d’exposition aux rayonnements autorisée pour la population civile en temps normal). L’organisateur de la course a fait signer aux participants un formulaire stipulant qu’ils ne pourraient le poursuivre en justice s’ils avaient des problèmes de santé. À Fukushima, la vie ressemble à un jeu de roulette russe où les victimes ne sont pas ceux qui appuient sur la gâchette. Eux jouissent, pour le moment, d’une impunité totale.

Agnès Rousseaux

Photo : Home of chaos


Source : The Asahi Shimbun

Lire la suite

Lien Permanent pour cet article : https://www.stop-bugey.org/catastrophes-nucleaires/fukushima-region-francaise-radioactive/

Fukushima, nouvelle fuite d’eau radioactive ! Passez passez, tout va bien, aucun problème !

Un jour, oui, un jour, il sera trop tard pour reculer.

Les actualités désastreuses en provenance de Fukushima se retrouvent perdues parmi les innombrables articles concernant la CRISE, la DETTE, l’effondrement de l’ÉCONOMIE, les GUERRES et autres RÉVOLUTIONS, l’imposant binôme SARKOZY-MERKEL, l’avenir de l’EURO…

Bref, pendant que les gouvernements du monde s’embourbent dans la finance, que tout ce qu’il reste à sauver est notre SYSTÈME FINANCIER, ce système si parfait, si juste, si égalitaire, si équitable, les conséquences du tsunami de mars 2011 sur la centrale de Fukushima se poursuivent.

Lire la suite

Lien Permanent pour cet article : https://www.stop-bugey.org/catastrophes-nucleaires/fukushima-fuite-eau-radioactive/

La passoire nucléaire

Au moment ou Greenpeace vient de prouver, d’une façon non violente et magistrale, la totale inefficacité des services de sécurité nucléaire, s’introduisant en quelques minutes dans l’enceinte de 2 centrales nucléaires, il est temps de dénoncer le risque que font courir aux populations la proximité des centrales nucléaires.

L’opération commando des 9 militants s’est déroulée dans la matinée du lundi 5 décembre, vers 6h, au moment où les gardes nucléaires, profitant peut-être du répit dominical, ont baissé la garde, mais qui pourrait trouver une excuse à cette absence de vigilance, surtout lorsqu’il s’agit d’installations nucléaires. vidéo

D’autant que ce n’était pas une première. lien

militants greenpeaceLes militants de Greenpeace ont précisé : « nous communiquerons plus tard les détails, mais on a atteint le réacteur de la centrale de Nogent en 15 minutes, sans difficulté, en passant par la terre. Pas besoins de moyens surhumains (hélicoptères ou autres). Je précise qu’on n’avait pas les clés ! (…) on a atteint notre objectif  ». lien

Et puis le 6 décembre, on apprenait que 2 autres militants avaient réussi a passer 14 heures dans l’enceinte de la centrale de Cruas-Meysse. lien

Rappelons qu’il suffit qu’une alimentation d’eau de refroidissement pose problème, et que les groupes électrogènes de secours soient en panne, pour qu’un accident nucléaire majeur, comme on l’a vu a Fukushima, ne se déclare.

Or, en ne mettant qu’un petit quart d’heure pour pénétrer dans l’enceinte de la centrale de Nogent, malgré les barbelés, les défenses électriques, et la « vigilance » des forces spéciales, les militants pacifistes de Greenpeace ont prouvé l’insécurité du système.

Si l’intrusion avait été menée par un groupe terroriste, ils auraient peut-être eu le temps de provoquer la rupture du circuit de refroidissement, et de mettre aussi hors d’état de fonctionner les groupes électrogènes de secours.

Dès lors, on se retrouvait dans la même situation qu’à Fukushima.

Le réacteur, privé de circuit de refroidissement aurait commencé à chauffer, et comme les relais de secours des groupes électrogènes n’auraient pu fonctionner, le cœur du réacteur aurait fondu en moins de 3 heures, provoquant la catastrophe que l’on sait, qui aurait non seulement rendu ce territoire inhabitable pendant des dizaines d’années, voire plus, et provoqué l’exode de dizaines de milliers de femmes et d’hommes.

Mais on peut aller plus loin.

Le fameux EPR tant prôné par l’autocrate président souffre de nombreuses tares.

Comme l’a indiqué un rapport qui devait être tenu secret, cette installation « révolutionnaire » ne résisterait pas à la chute volontaire, ou pas, d’un avion de ligne, et présente des défauts de conception. lien

Mais ce n’est pas tout : une dépêche de l’AFP du 1er décembre 2011 raconte par le détail la visite surprise de 2 parlementaires qui ont découvert avec effroi que le personnel de secours avait été loin de réaliser les missions de sécurité qu’on leur avait imposé.

Claude Birraux, député UMP et président de l’OPECST (office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) s’était rendu pour une visite surprise à la centrale de Paluel.

A sa demande, l’ASN (autorité de sureté nucléaire) a simulé un accident similaire à celui de Fukushima, soit une perte totale d’alimentation électrique, et une panne du groupe électrogène de secours.

L’alerte fictive a été lancée à 22h.

A 23h30 les agents qui géraient la « difficulté » cherchaient une clé nécessaire pour ouvrir un panneau d’alimentation électrique.

Hélas, la clé était « en commande » et donc indisponible.

A minuit, l’équipe de choc pénètre dans le local électrique du réacteur n°1 et constatent que «  les indications du document de procédure ne correspondent pas au panneau électrique ».

Ils contournent la difficulté en décidant de se raccorder au réseau du réacteur n°3.

Ils ont un nouveau problème : le local n’est pas numéroté.

Il y a un doute (dixit le communiqué de l’AFP) les clés sur le panneau sont-elles mal étiquetées, ou bien sommes nous dans le mauvais local et comme le local n’est pas non plus numéroté, ça ne « facilite pas la manœuvre » a ajouté le député.

Agacement de l’ASN qui se plaint que « la procédure comportait « de nombreuses erreurs (…) lacunes (…) à l’évidence pas opérationnel ».

En même temps, un sénateur, Bruno Sido, vice président de l’OPECST mènait une opération convergente à la centrale du Blayais.

Il a fallu une demi-heure, et 4 personnes pour tenter de répondre à une situation de crise.

La question posée était « quel est le critère conduisant à l’arrêt du pompage d’eau en cas d’inondation  ».

Ces « professionnels de la sécurité » cherchaient en vain dans la rubrique «  pompage » une information qui était dans la rubrique « inondation ». lien

Rappelons au lecteur que cette même centrale du Blayais avait connu en 1999 des évènements graves qui avaient conduit Alain Juppé, alors maire de Bordeaux à envisager l’évacuation des plus de 200 000 habitants de la ville.

La catastrophe avait été évitée de justesse. lien

Quant au sénateur, Claude Sido, il est revenu sur l’intrusion de Greenpeace du 5 décembre déclarant « on peut toujours pénétrer dans un endroit interdit (…) la sécurité à 100% n’existe pas, des gens déterminés arriveront toujours à essayer de pénétrer » puis évoquant les inspections surprises au Blayais et à Paluel, il a constaté, concernant la centrale du Blayais « qu’ils ont mis une demi heure pour trouver la bonne procédure  », puis concernant la centrale de Paluel, il a ajouté qu’à Fukushima, « pendant plus de 2 jours ils n’ont rien fait  ». lien (régler le curseur à 29’)

Or, c’est totalement faux : devant la rupture du refroidissement, et la panne des groupes de secours, les Japonais ont tenté tout de suite, mais en vain de sauver la situation. lien

Nous savons maintenant que 3 petites heures après le séisme, le combustible du réacteur n° 1 avait totalement fondu. lien

Conclusion, si la situation provoquée à Paluel n’avait pas été un simple exercice, mais la réalité, nous aurions pu nous trouver dans la même situation qu’à Fukushima.

Mais Eric Besson ne retient qu’une chose : s’il était prouvé que des personnes non habilitées aient pu parvenir à pénétrer dans l’enceinte d’une centrale nucléaire, « cela veut dire qu’il y a eu des dysfonctionnements et qu’il faudra prendre des dispositions pour que ça ne se reproduise pas  ». lien

Il oublie de préciser que si ces personnes « non habilitées » avaient été animées de mauvaises intentions, il y aurait eu des sanctions pour quelques millions de français.

Henri Gaino, jugeant l’action « irresponsable  », a reconnu « que cela fait quand même réfléchir sur la sécurisation des accès aux centrales nucléaires (…) il va falloir en tirer les conséquences  ». lien

Sauf qu’il est probable que pour lui, comme pour l’autocrate président, il n’est toujours pas à l’ordre du jour de sortir du nucléaire.

A Fukushima, près de 9 mois après la catastrophe, TEPCO signale une nouvelle fuite radioactive de 45 tonnes d’eau (lien) mais selon d’autres informations parues dans « Fukushima Diary », il s’agirait en fait de 220 tonnes dont une partie se serait écoulée dans la mer.

Cette eau, contaminée à 45 000 Bq/L de césium, soit 300 fois plus que la norme, contient aussi 1 million de fois plus de strontium que la norme. lien

De toutes façon Tepco a fini par admettre le 4 décembre que les égouts de Fukushima communiquaient directement avec l’océan, ajoutant : « quand il pleut, le niveau de l’eau augmente, mais une fois la fin de la pluie, le niveau descend progressivement, ce qui signifie qu’il existe des fuites… ». lien

Quant aux lumières/feux (?) aperçues depuis plusieurs jours, d’après Arnie Gundersen, il y aurait une accumulation d’hydrogène à l’intérieur du confinement à Fukushima, laquelle serait due à la réaction en chaine, et aux « décompositions radioactives ».

Arnaud Gundernsen démontre que, lorsque il y a 2 parts d’oxygène pour 1 part d’hydrogène, de la vapeur d’eau se forme, créant beaucoup de chaleur et une explosion (lien) et c’est cette explosion qui a eu lieu dans le réacteur n°1, au début de la catastrophe.

Il est possible que la flamme que nous apercevons depuis quelques jours soit un feu d’hydrogène. lien

Pour l’instant, TEPCO continue d’envoyer de l’azote dans l’enceinte de confinement, afin d’éviter que l’oxygène ne se mélange à l’hydrogène et ne provoque l’explosion redoutée.

Gundersen conclut : «  tant que l’azote inerte et l’hydrogène se trouvent dans l’enceinte de confinement, tout ira bien  », impliquant que si ce n’était plus le cas…tout irait très mal.

Et il rappelle que le confinement de TEPCO est 2 millions de fois plus grand que la bouteille de plastique qu’il a utilisé pour son expérimentation.

Une telle explosion détruirait vraisemblablement définitivement ce qui reste de la centrale, et des centaines de tonnes d’eau radioactive seraient alors vaporisées dans l’atmosphère.

Comme dit mon vieil ami africain : « pour la carotte, le lapin est la plus parfaite incarnation du mal  ».

Merci à Corinne Py pour sa participation.

Olivier Cabanel

L’image illustrant l’article provient de « afp.com/Valery Hache »

Lien Permanent pour cet article : https://www.stop-bugey.org/archives/passoire-nucleaire/

Lire plus