L’arnaque ITER : On nous promet le soleil, mais on nous vend (très cher) la lune !

Iter : Un budget en ébullition

La facture d’Iter avoisine désormais 15 milliards d’euros, sur fond de critiques croissantes.

 

 

 

Le projet du réacteur thermonucléaire d’expérimentation internationale (Iter, en anglais) doit étudier s’il est techniquement possible d’utiliser la fusion nucléaire comme source d’énergie.

 

 

À terme, la filière fournirait de l’électricité en reproduisant la réaction qui se déroule au cœur du Soleil. Projet international signé en 2006, Iter semble aujourd’hui surtout promettre la Lune pour un coût faramineux.
Cahier des charges : le réacteur devra confiner pendant cinq minutes un plasma d’atomes de tritium et de deutérium chauffé à 200 millions de degrés.
Au prix d’une dépense énergétique initiale considérable (chauffage et création d’une « enveloppe » magnétique de confinement) que la réaction thermonucléaire doit théoriquement compenser. En régime industriel (pas avant 2060), la fusion « produira », selon ses chantres, une énergie « inépuisable, propre et bon marché ».

L’intérêt s’est un peu accru après la catastrophe de Fukushima : la filière fusion ne fait pas peser de risques aussi considérables que la fission atomique actuellement exploitée dans quelque 440 réacteurs nucléaires dans le monde. Iter présente cependant des risques avec le tritium – diffusion dans l’environnement (il est radioactif) ou détournement (il entre dans la composition des bombes thermonucléaires).
Cependant, la grande incertitude concerne la faisabilité même de l’expérimentation..

À supposer qu’Iter parvienne à son objectif, plusieurs physiciens doutent, entre autres, qu’il soit possible de contrôler un jour les brutales instabilités dont le plasma est spontanément le siège.

Et, d’ores et déjà,le budget d’Iter (qui ne produira pas un kilowattheure d’électricité) est passé à 15 milliards d’euros environ, soit un triplement de l’estimation initiale de 5 milliards d’euros. « Nous ne sommes pas parvenus à empêcher le Parlement européen de voter une rallonge », indique l’eurodéputé MoDem (et ex-Verts) Jean-Luc Bennahmias, qui suit le dossier.
L’Union, qui a soutenu l’implantation du projet à Cadarache, est très lourdement engagée, en charge de 45,5 % du financement  [1]. Et la préoccupation monte de voir le gouffre Iter assécher les fonds de recherche pour l’énergie, pour un résultat très incertain et éloigné, quand d’autres filières, comme les renouvelables, sont bien plus prometteuses et à court terme.

 

 

[1] Les autres pays (Chine, Corée du Sud, États-Unis, Inde, Japon, Russie) participent à hauteur de 9,1 % chacun.

 

 

 

 



1/ Qu'est ce que l'ITER ?

Iter est un réacteur expérimental qui tente de maîtriser la fusion nucléaire, en créant pendant quelques minutes la réaction qui a lieu au cœur du soleil.

iter n'est pas une solution a la crise energetique

Qui participe à ce projet ?
Plusieurs pays participent à ce projet : l'Union Européenne, la Russie, les Etats-Unis, le Japon, la Chine, la Corée du Sud et l'Inde.

Où ITER va-t-il être implanté ?

ITER projet experimental a cadarache
Iter va être implanté en France, à Cadarache, dans les bouches du Rhône, à partir de 2008.

Combien ça coûte ?
La France paye 20% du budget total qui s'élève à 10 milliards d'euros sur 30 ans. La fusion bénéficie donc d'une large priorité budgétaire, sans qu'on soit certain qu'un jour, on parviendra à produire de l'électricité avec cette réaction.

2/ ITER, projet coûteux et incertain

Iter est le programme le plus coûteux qui ait jamais été lancé à part la Station Spaciale Internationale. D'ici 5 ans, l'Union Européenne va investir 389 millions d'euros par an pour ce projet, à comparer avec les 168 millions d'euros par an envisagés pour les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique.

L'Union Européenne s'engage donc à financer en priorité ITER pendant 30 ans, laissant aux autres sources d'énergies qu'un demi budget à se partager. Et ce n'est que le début. Un rapport de 2002 du parlement allemand estime "qu'il faudra encore dépenser un total de 60 à 80 milliards sur une période de 50 ans avant qu'il soit envisageable de produire de l'énergie avec la fusion nucléaire".

Or, aucun scientifique ne peut affirmer qu'un jour, ITER permettra de produire de l'électricité. Les physiciens S.Balibar, Y.Pomeau et J. Preiner regrettent d'ailleurs que "la grande presse n'insiste guère (…) sur les énormes incertitudes qui pèsent encore sur la génération d'énergie commerciale à partir de la fusion".

3/ ITER, projet non écologique à bien des égards

Le site de Cadarache en France, où doit être implanté ITER, abrite déja des installations d'études civiles et militaires, des parcs d'entreposage de déchets radioactifs, des ateliers de traitement de matières radioactives, huit réacteurs de recherche. Le site présente pourtant un haut risque sismique, étant localisé sur la faille la plus active de France. Le danger est aggravé par la présence de plusieurs tonnes de plutonium, la plus redoutable des matières nucléaires. L'Autorité de Sûreté Nucléaire réclame d'ailleurs depuis des années la fermeture de plusieurs installations pour "tenue au séisme insuffisante".

Outre, le risque d'accident nucléaire, la construction d'ITER s'avère une catastrophe pour l'environnement local :

  • la venue de 300 convois exceptionnels nécessite d'élargir la route, en abattant des arbres et en démolissant des ponts à travers plusieurs zones classées Natura 2000.

  • l'implantation des bâtiments amputera de 180 hectares une forêt domaniale. Le réacteur devant être enfoui, un vallon entier sera comblé

  • la ligne haute tension sera doublée pour fournir la puissance nécessaire aux expériences d'ITER

  • En période de fonctionnement, Iter provoquera des rejets de tritium radioactifs dans l'air et dans l'eau de la Durance. Le tritium est reconnu comme une substance cancérigène. Il pénètre dans l'être humain et dans d'autres animaux par l'aspiration, par l'absorption à travers la peau ou par l'ingestion.

  • Enfin, plus de 30 000 tonnes de déchets radioactifs seront générées par les expérimentations.
    En savoir plus sur le problème des déchets nucléaires

4/ La fusion nucléaire n'est pas la solution miracle à la crise énergétique

  • Si un jour l'homme parvient à maîtrise la fusion , ce sera trop tard de toute manière pour éviter le bouleversement climatique. On ne peut plus attendre 50 ans, voire 100 ans (et sans être certains du résultat !). D'autres solutions moins techno-scientifiques, permettraient de répondre plus rapidement : les mesures d'efficacité énergétiques et les énergies renouvelables par exemple.

  • La fusion reste réservée aux pays riches. Technologie de pointe, elle exige des investissements démesurés et un haut niveau de maîtrise. Elle ne sortira pas du cercle fermé des pays les plus industrialisés.

5/ Consommer mieux au lieu de produire plus

Le modèle énergétique actuel est basé sur une croissance infinie alors que les ressources sont limitées. Un collège d'experts démontre qu'il est possible de sortir de cette impasse. Il préconise une démarche en 3 volets :
– sobriété,
– efficacité,
-renouvelables.

La sobriété consiste à supprimer les gaspillages. L'efficacité permet de réduire les pertes en favorisant des solutions performantes (éclairage, électro-ménager, bâtiment…). Les renouvelables couvrent les besoins énergétiques ainsi maîtrisés, pour un investissement raisonnable.

Le scénario NégaWatt pour la France suit cette démarche. Il propose une série d'actions concrètes basées uniquement sur des techniques éprouvées et sans risque. D'ici à 2050, on pourrait ainsi économiser 64 % d'énergie, produire 71 % de l'énergie primaire avec les renouvelables, et diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre du secteur énergétique. Le recours au nucléaire deviendrait inutile vers 2040. Des études allemandes et suisses, notamment, parviennent à des conclusions similaires.
La condition impérative pour obtenir de tels résultats : appliquer dès maintenant les mesures préconisées.

En savoir plus sur les gestes du quotidiens pour éviter de gaspiller

Source : http://www.sortirdunucleaire.org/

 

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Défaillance d’un capteur de pression d’un groupe électrogène de secours du réacteur 4 de BUGEY

Défaillance-capteur-pression-groupe-électrogène-secours-réacteur4-BUGEY

Le 1er octobre 2012, l’exploitant de la centrale du Bugey a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté portant sur la détection tardive de la défaillance d’un capteur de mesure de pression équipant un groupe électrogène de secours à moteur diesel du réacteur n° 4. Le Réseau "Sortir du nucléaire" a porté plainte.

Le site du Bugey abrite la centrale nucléaire exploitée par EDF dans le département de l’Ain, à 35 km à l’est de Lyon. Cette centrale nucléaire est constituée de 4 réacteurs à eau sous pression d’une puissance de 900 MW chacun.

Les réacteurs à eau pressurisée exploités par EDF sont équipés de deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel qui sont utilisés en cas de perte des alimentations électriques normales. Ces groupes électrogènes de secours permettent d’assurer l’alimentation électrique nécessaire au fonctionnement des différents systèmes de sauvegarde. Ces matériels n’étant pas utilisés en fonctionnement normal, l’exploitant réalise des essais périodiques des groupes électrogènes de secours afin de contrôler régulièrement leurs performances.

Le 22 juin 2012, l’exploitant du Bugey a procédé au remplacement d’un capteur de mesure de pression d’un des deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel du réacteur n° 4 car il présentait des grippages internes.

Le 26 juillet 2012, l’exploitant a réalisé l’essai périodique de bon fonctionnement de ce groupe électrogène. Au cours de l’essai, le groupe électrogène n’a pas démarré. Les expertises ont permis de déterminer que le dysfonctionnement trouvait son origine dans un défaut de serrage d’une vis lors du remplacement du capteur, réalisé le 22 juin 2012.

Cette défaillance, qui aurait pu avoir des conséquences graves en cas de perte des alimentations électriques normales, a été détectée tardivement parce qu’aucun contrôle n’a été réalisé immédiatement après l’intervention technique du 22 juin. De plus, l’exploitant a tardé à déclarer le problème à l’ASN puisque c’est seulement le 1er octobre, soit plus de deux mois après la découverte de la défaillance, qu’elle a été informée.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" a déposé une plainte le 24 avril 2013.

Téléchargez la plainte du réseau Sortir du nucléaire

Défaillance d’un capteur de pression d’un groupe électrogène de secours du réacteur 4

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Audience au tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse

Mercredi 15 mai            15:30
Lieu : Bourg-en-Bresse

15h30 au tribunal de Bourg-en-Bresse.

Audience relative au déchargement de gravats radioactifs par la centrale du Bugey

Le 15 mai à 15h30, sera examinée par le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse l’affaire du déchargement de gravats radioactifs par la centrale du Bugey.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" vous invite à assister à l’audience et vous donne rendez-vous au tribunal à 15h30, 4 rue du Palais à Bourg-en-Bresse .

Rappel des faits :

Bugey – Déchargement de gravats radioactifs dans une carrière La centrale nucléaire du Bugey est située à 19 kilomètres d’Ambérieu-en-Bugey et à 35 kilomètres à l’est de Lyon. Le site du Bugey abrite notamment un réacteur de la filière graphite-gaz en cours de démantèlement (réacteur n° 1).

Le 9 août 2011, un camion provenant de la centrale nucléaire du Bugey a déchargé des gravats radioactifs dans une carrière utilisée pour stocker des déchets non radioactifs.

Le Parquet de Bourg-en-Bresse a décidé d’engager des poursuites à l’encontre d’EDF et du directeur de la centrale du Bugey. L’audience aura lieu le 15 mai 2013, à 15h30, au tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse.

Pour en savoir plus, consultez notre Juriblog (SDN).

http://groupes.sortirdunucleaire.org/agenda/

 

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Encore un convoi de déchets radioactifs qui traverse Loyettes !

Sortir du nucléaire Bugey était présent le soir du 18 avril 2013 pour assister et dénoncer de nouveau la traversée du pont de Loyettes par un convoi de déchet nucléaire transportant encore un couvercle radioactif. Le rythme actuel semble être d'un couvercle tous les 15 jours.

En 1994, il a été détecté des défauts sur un des couvercle de cuves des réacteurs de Bugey. S'agissant de défauts génériques (c'est à dire communs à tous les couvercles de cuves de réacteurs), EDF a décidé de changer ces couvercles, soit 55 couvercles qui sont des déchets faiblement et moyennement radioactifs. Le premier couvercle (venant de Saint Laurent des Eaux) est arrivé au centre de stockage FMA de Soulaines le 29 juillet 2004.
Fin 2011, il y avait déjà 39 couvercles stockés à Soulaines, et il en restait 16 à la Base Chaude Opérationnelle du Tricastin (13 des réacteurs de 900 MWe et 3 des réacteurs de 1300 MWe), d'après l'inventaire 2012 des déchets radioactifs de l'ANDRA :
http://www.andra.fr/pages/fr/menu1/les-dechets-radioactifs/ou-sont-les-dechets-radioactifs-r-10.html

Nous avons eu connaissance d'un transport en 2012 et récemment de trois autres, ce qui fait qu'il resterait au plus 9 couvercles à transporter de Tricastin à Soulaines.

Ci-dessous, quelques photos faites le soir à Loyettes où nous étions 5 et où nous avons déployé la banderole "Stop Bugey / Le nucléaire c'est fini".

Contrairement au 5 avril, le personnel d'EDF ne nous a pas agressé et les gendarmes ont été courtois. La banderole est donc restée déployée pendant plus d'une heure et nous avons pu discuter avec quelques personnes.

Nous avons aussi informer les familles avec enfants venues voir passer le gros convoi qu'il y a avait un risque à rester près du conteneur (si on est sur le trottoir vers le pont, le conteneur passe très lentement à un même pas un mètre des personnes sur le trottoir. Claude Cassé a pu mesurer la radioactivité avec l'appareil de SDN Bugey (cette fois, il n'a pas été agressé par les gros bras d'EDF), mais je n'ai pas noté la mesure. Il va nous la faire connaître prochainement.

A bientôt et peut-être à dans 15 jours, plus nombreux(ses) encore.
Merci à Next-Up et SDN 26-07 pour l'alerte.

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ACTION SDN BUGEY LOYETTES SAMEDI 13 AVRIL

Une fois par mois, l'association SDN Bugey poursuit des actions de sensibilisation et d'information aux différents ronds points autour de la centrale du Bugey.

Ce samedi matin 13 avril, une petite dizaine de militants occupait le rond point de Loyettes (côté Isère) avec des slogans portant entre autre sur les dangers liés

à la reprise du chantier de ICEDA (future poubelle nucléaire sur le site de la centrale).

Il y a quelques jours, SDN Bugey déposait son second recours au tribunal administratif de Lyon  contre la décision du conseil municipal de St-Vulbas, qui lors du conseil du 6 décembre permettait  la reprise des travaux de l'ICEDA.

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La centrale nucléaire du Bugey vulnérable aux inondations : EDF mise en demeure

Avec trois incidents relevés en fin d’année 2012 et notamment une fuite de tritium on savait déjà la sécurité du site perfectible. On sait désormais qu’en cas d’inondation, certains bâtiments de la centrale nucléaire du Bugey ne sont pas suffisamment protégés.

Par Jérémy El Mlaka et Laurent Burlet

Le 19 février 2013, l’Autorité du sûreté nucléaire (ASN) a mis EDF en demeure de réaliser des travaux pour limiter le risque d’infiltration d’eau dans ses installations situées sur la commune de Saint-Vulbas (Ain). La proximité de plusieurs courts d’eau (le Rhône, l’Ain, le Fier) et de barrages anciens, renforçant les risques d’inondation.

C’est ce qu’à découvert il y a une dizaine de jours, Bernard Laponche, physicien et membre du parti Europe Ecologie/Les Verts (EELV), sur le site Internet de l’ASN. On peut lire :

« EDF est mise en demeure de réaliser d’ici au 15 mai 2013 les travaux permettant de protéger le bâtiment combustible du réacteur n°5 et le local diesel de la voie B du réacteur n°3 de la centrale nucléaire du Bugey vis-à-vis du risque d’inondation externe induite par un séisme ».

Des travaux qui devaient être effectués avant le 31 décembre

Ces travaux, EDF aurait dû les effectuer avant le 31 décembre 2012, déjà sur injonction de l’ASN, comme l’a expliqué au Dauphiné Libéré Grégoire Deyirmendjian, chef de la division régionale Rhône-Alpes de l’Autorité de sûreté nucléaire  :

« C’est la première fois qu’une échéance de prescription n’est pas respectée. Au lendemain du 15 mai, l’ASN sera sur place pour vérifier la réalisation des travaux ».

EDF dément faire de l’obstruction et assure avoir déposé un dossier à l’ASN pour effectuer ces travaux qui impliquent une modification de l’installation.

Lors de l’examen des centrales françaises, suite à l’accident nucléaire de Fukushima, l’ASN s’était déclarée favorable à la poursuite de l’exploitation du réacteur n°2 de la centrale pour 10 ans supplémentaires. Tout en assortissant cette poursuite de la réalisation de certains travaux destinés à améliorer la sécurité du site.

Dans un communiqué, le parti EELV a fait part de son indignation :

« La discrétion observée sur une information de cette importance montre une fois de plus la volonté d’EDF de tenir le public à l’écart des réels risques liés au nucléaire. (…) Or elle n’a toujours pas engagé les travaux de mise en sécurité indispensables dans ses centrales vieillissantes. »

Bugey : la deuxième plus vieille centrale française

Les réacteurs de la centrale nucléaire du Bugey sont en fonction depuis plus 30 ans, ce qui fait d’elle la 2ème plus vieille centrale française, juste après Fessenheim. Pour l’ONG Greenpeace, mobilisée pour une fermeture pure et simple de la centrale, les risques d’inondation ne sont pas négligeables et le barrage de Vouglans pose plus spécialement problème :

« Ces ouvrages ne permettent pas de protéger le site contre une crue millénale du Rhône majorée de 15% combinée à la rupture du barrage de Vouglans.

L’ASN ne mentionne aucune protection à l’ouest du site. Cette zone est pourtant clairement exposée à l’arrivée des eaux de l’Ain en cas de rupture de barrage. (…) En cas de rupture brusque et imprévue du barrage de Vouglans, la vague atteindrait le point kilométrique 10, situé au sud de la centrale, en 5 heures trente et la surélévation maximale du plan d’eau initial serait d’environ 9 mètres ».

Une commission locale d’information (CLI) est prévue pour le 12 avril. Ce sera sans doute l’occasion pour les élus et les associations de demander des comptes sur ces travaux que la direction de la centrale nucléaire est censée avoir démarrer.

Source : http://www.rue89lyon.fr/2013/04/02/centrale-nucleaire-bugey-vulnerable-inondations-edf-mis-demeure-par-lasn/

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Centrale nucléaire du Bugey : trois incidents en quelques jours

Trois événements qui se sont produits à la centrale nucléaire du Bugey (Ain) en octobre ont fait l’objet d’une déclaration de niveau 1 auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Le dernier incident en date, de niveau 0, remonte quant à lui au 17 novembre. Cela faisait des mois que la centrale n’avait pas connu une telle actualité. Que faut-il en penser, interroge Le Dauphiné Libéré ? La centrale vieillit-elle mal ?

Selon Grégoire Deyirmendjian, directeur Rhône-Alpes de l’ASN, ce n’est pas quelque chose de « fondamentalement anormal. » Il ajoute :

« L’échelle internationale de classement des événements nucléaires comporte 7 niveaux. Fukushima a été classé au niveau 7. Des événements de niveau 0, nous en avons environ 1 000 par an. Au niveau 1, on parle d’anomalie. C ‘est un écart sans conséquence sur la radioprotection et l’environnement. »

L’association Sortir du Nucléaire Bugey compte avoir une réponse au sujet d’un incident qui remonte à un an. Il s’agit d’un niveau de tritium supérieur à la normale constaté dans le sous-sol de la centrale et déclaré le 15 octobre à l’ASN. « À la demande de l’ASN, la centrale doit déterminer l’origine de la fuite de tritium. Elle ne l’a toujours pas fait à notre connaissance » annonce Alain Cuny, membre de Sortir du Nucléaire Bugey. Ce qui inquiète les militants anti-nucléaire, c’est l’approche « peu rassurante » de cette fuite :

« Les autres incidents du mois d’octobre n’ont pas un caractère de dangerosité énorme. Ce qui est inquiétant, c’est que l’ASN a mis en demeure EDF d’identifier cette fuite et que cela n’est pas encore fait. Quid si d’autres incidents, plus graves, devaient se produire ? »

A lire sur ledauphine.com

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Centrales nucléaires et leucémies infantiles

Les centrales nucléaires françaises à l’origine de leucémies infantiles aigües : nos enfants nous accusent… déjà !

La revue Journal International du Cancer vient de publier dans son numéro de janvier une étude scientifique établissant une corrélation très claire entre la fréquence des leucémies infantiles aigües et la proximité des centrales nucléaires [1].

Cette étude épidémiologique rigoureuse, menée par une équipe de l’INSERM [2], de l’IRSN [3], ainsi que le Registre National des maladies hématologiques de l’enfant de Villejuif, démontre pour la période 2002-2007 que la fréquence d’apparition de leucémies infantiles (enfants de 0 à 14 ans) augmente de façon importante dans un rayon de 5 km autour des centrales nucléaires françaises – jusqu’à 2,2 fois plus chez les enfants de moins de 5 ans.

Cette étude confirme ainsi celle menée en Allemagne par le Registre des Cancers de Mayence en 2008 [4], qui avait abouti à des conclusions similaires.

Durant des années, le Réseau "Sortir du nucléaire" a vu l’IRSN travailler au démontage de toutes les études épidémiologiques montrant un impact des installations nucléaires sur la santé :
- démontage de l’étude de Jean-François Viel (1995) montrant un excès de leucémies et de cancers infantiles autour de La Hague [5],
- démontage de l’étude faisant la démonstration d’excès de leucémies infantiles autour des centrales allemandes [6].

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ tient donc, une fois n’est pas coutume, à féliciter l’IRSN pour sa participation à cette étude épidémiologique.

Même en situation non accidentelle, la preuve est encore apportée que la technologie nucléaire n’appartient plus à un monde civilisé.

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International Journal of Cancer
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Etude en français
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Etude allemande 2007
 
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Commentaire de l’étude par l’IRSN
 

Notes

[1] http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ijc.27425/abstract

[2] Institut national de la santé et de la recherche médicale

[3] Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

[4] Étude épidémiologique sur les cancers infantiles dans le voisinage des centrales nucléaires, éditée par l’Agence de Protection contre les Radiations et le Registre des Cancers infantiles de Mayence.

[5] http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Communiques_et_dossiers_de_presse/Pages/resultats__etude_du_Groupe_Radioecologie_Nord-Cotentin.aspx

[6] Rapport IRSN sur les leucémies infantiles autour des sites nucléaires Mai 2008


Source: communiqué de presse du SDN du 12/01/2012


http://www.bastamag.net/article835.html

Borloo et Bachelot veulent-ils couvrir la France de matières radioactives ?

Par Ivan du Roy (8 janvier 2010)

Certains sèment la biodiversité, d’autres préfèrent disperser la radioactivité. Les ministères de l’Ecologie, de la Santé et de l’Economie ont ouvert la porte au « recyclage » des déchets radioactifs issus de l’industrie nucléaire dans les biens de grande consommation. Du ciment radioactif pourra ainsi servir demain à bâtir des logements ou des écoles. Au grand dam des associations de consommateurs.

Faudra-t-il bientôt se munir d’un compteur Geiger pour vérifier le taux de radioactivité que dégageront les murs de votre logement, vos équipements contenant du métal ou les matériaux présents sur votre lieu de travail ? Scénario de science-fiction ? Malheureusement non. Depuis 2002, le Code de la santé publique interdisait l’ajout ou l’utilisation de substances radioactives pour la fabrication de biens de consommation et de matériaux de construction. Toute acquisition et cession de sources radioactives étaient sévèrement encadrées. Ce n’est désormais plus le cas. Le 5 mai 2009, quatre ministères – celui de l’Ecologie, de la Santé, de l’Economie et du Logement – ont signé un arrêté interministériel qui permet de déroger à cette interdiction. Le texte est entré en vigueur malgré l’avis défavorable de l’Autorité de sûreté nucléaire.

Cela signifie que demain, si EDF veut se débarrasser de ses gravats faiblement radioactifs générés par le démantèlement de la centrale de Brennilis, en Bretagne (la première centrale nucléaire française à être démantelée), elle aura la possibilité de les céder ou les vendre à une cimenterie. Celle-ci transformera les gravats en matériaux de construction, qui serviront ensuite à bâtir des bureaux, des logements, des écoles ou des hôpitaux… Idem pour Areva. Si la multinationale ne sait que faire de fûts en métaux contaminés suite à un transport d’uranium, elle pourra les livrer à une fonderie qui le recyclera dans des produits de grande consommation : outils, véhicules, machines agricoles ou tuyaux (ce qu’avait déjà tenté de faire Areva en 2004 [1]). Seuls cinq catégories de produits restent exclues de toute dérogation : les aliments, les cosmétiques, les parures (bijoux), les jouets et les matériaux en contact avec les aliments et les eaux (les emballages par exemple).

Radioactivité lâchée dans la nature

Seuls les déchets radioactifs dits de « très faible activité » (TFA) sont concernés. Il n’empêche. Jusqu’à présent, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) entrepose ces déchets dans un centre de stockage situé dans l’Aube (Champagne-Ardenne). Les déchets sont enterrés « à quelques mètres de profondeur dans une roche argileuse », puis le lieu de stockage est ensuite recouvert « d’une couche d’argile compactée pour lui redonner son imperméabilité d’origine ». En cas de recyclage, seuls les acteurs de la filière nucléaire sont habilités à réutiliser du béton ou les gravats contaminés pour leurs installations. Ces précautions disparaissent avec le système de dérogation. Une fois lâchés dans la nature, ces matériaux ne seront plus tracés ni contrôlés.

« Même si ces déchets TFA seront dilués dans d’autres matériaux, cela va augmenter le bruit de fond de la radioactivité. Faible niveau de risque ne signifie pas absence de risque », explique Corinne Castanier, directrice de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad). Contrôler les rayonnements radioactifs coûte très cher. Les entreprises qui recycleront ces matériaux auront donc tendance à ne procéder qu’à des vérifications partielles sur des échantillons de ciment ou de ferraille « dilués ». Ce qui augmentera la possibilité de laisser passer un parpaing ou une tôle trop radioactive.

Multiplicateurs de cancers

Corinne Castanier ne comprend pas pourquoi le gouvernement a pris une décision si lourde de conséquences pour la santé, à l’heure où les pouvoirs publics cherchent, dans le cadre du « plan cancer », à diminuer l’exposition des populations à la radioactivité naturelle (notamment le radon, qui favorise les cancers pulmonaires selon l’Organisation mondiale de la santé). En rendant possible l’ajout de substances radioactives dans des biens et des matériaux destinés au grand public, le système de dérogation risque bien d’augmenter la radioactivité artificielle, et les risques de cancer. « Seuls les industriels y trouvent un intérêt. Au lieu de stocker ces déchets, ce qui coûte cher, ils pourront s’en débarrasser tout en récupérant de l’argent. » Avec le démantèlement progressif des centrales nucléaires vieillissantes, le volume des déchets radioactifs sera multiplié par trois d’ici 2020, selon les prévisions de l’Andra.

Ce retour en arrière est d’autant plus incompréhensible que l’on cherche à réparer les erreurs commises depuis un demi-siècle. Jusqu’en 1986, 50 000 paratonnerres radioactifs [2] ont été disséminés dans toute la France, plus sept millions de détecteurs de fumée contenant de l’américium 241 [3], radioactif pendant 433 ans ! « Nous sommes en train de courir pour retrouver les objets radioactifs disséminés sur tout le territoire et le gouvernement rouvre la porte à des dérogations. Il faut tirer les leçons de ces années-là ! », assène la directrice de la Criirad. L’interdiction, en 2002, d’ajouter ou d’utiliser des substances radioactives dans des matériaux ou des biens de grande consommation avait été obtenue après un long travail de la Criirad et des associations de consommateurs, comme l’UFC Que choisir.

Avant cette réglementation, presque tout était permis. Ainsi Saint-Gobain avait introduit des déchets radioactifs dans la fabrication de sa laine de verre (Isover) multipliant par vingt les rayonnements. Ou la Cogema (devenue Areva) qui avait ajouté de l’uranium appauvri dans la poudre d’émail jaune destinée à la fabrication de bijoux. « Si demain la législation autorise l’addition de substances radioactives, il s’agira de modes de fabrication standard. Ce ne sont plus seulement la laine de verre et les émaux qui seront radioactifs, mais le ciment, le béton, l’acier, les pièces métalliques, le carrelage, les appareils ménagers, les ustensiles quotidiens… On peut légitimement s’inquiéter car le risque est bien réel. Le démantèlement des installations nucléaires va générer 15 millions de tonnes de déchets », s’inquiétait alors l’UFC Que choisir. Tout est désormais à refaire.

Recours juridique et responsabilité politique

La Criirad a d’abord adressé un recours au Conseil d’Etat pour faire annuler l’arrêté sur la base de ses « anomalies juridiques ». En cause : les modalités d’information des consommateurs. Celles-ci restent à la discrétion des industriels qui se garderont bien de mettre le logo spécifique aux matériaux radioactifs sur les emballages ! On ne peut faire plus laxiste. Or, c’est aux ministères concernés de définir ces modalités d’information. Ensuite, une telle décision concernant le Code de la santé publique ne peut être prise que par décret, signé directement par les ministres. Mais seuls les chefs de service des administrations concernées ont apposé leur signature au bas de l’arrêté.

L’association a adressé à Jean-Louis Borloo, Roselyne Bachelot et Christine Lagarde une lettre ouverte le 6 novembre 2009 pour les alerter « sur le contenu et les conséquences d’un texte, pris en leur nom » et pour qu’ils l’annulent. Plus de 7 000 cartes pétitions ont également été envoyées par des citoyens. Après deux mois de silence gouvernemental, Corinne Castanier sera reçue le 11 janvier au ministère de l’Ecologie. « Ils ne pourront pas dire qu’ils ne sont pas au courant ». Si rien ne bouge, la campagne pour l’annulation de l’arrêté se durcira, avec l’entrée en lice des associations de consommateurs.

Ivan du Roy


L’arrêté interministériel :

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L’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire :

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Notes

[1] Le Tribunal administratif de Lyon avait à l’époque annulé l’autorisation délivrée par le Préfet de la Loire pour un tel projet. L’entreprise Socatri (Areva) et une fonderie (Feursmetal) envisageaient de procéder à la fusion de 550 tonnes de ferraille contaminée provenant du site du Tricastin pour fabriquer des pièces en acier moulé destinées au domaine public.

[2] Ces paratonnerres sont équipés de sources de radium 226 (période radioactive de 1 600 ans) ou, plus rarement, d’américium 241 (période radioactive de 433 ans). Dans les deux cas, il s’agit de radionucléides émetteurs alpha de très forte radiotoxicité et l’activité des sources est élevée (de plusieurs millions à près d’un milliard de becquerels). L’Andra n’en a récupéré qu’un quart.

[3] Les professionnels estiment que 35% seulement de ces appareils sont sous contrats de maintenance. Pour les autres – environ 4,5 millions – la récupération sera beaucoup plus difficile, d’autant plus qu’aucune garantie financière n’a été mise en place. Sur la base d’une période de 433 ans et partant d’une activité de 30 000 Bq, il faudra attendre environ 2 000 ans pour que l’activité soit réduite à 1 000 Bq ; environ 5 000 ans pour atteindre 10 Bq et plus de 6 000 ans pour une activité résiduelle d’1 Bq. L’Union européenne recommande une norme de 200 bq/m3 dans les maisons neuves.


MOBILISATION CONTRE l’AJOUT de SUBSTANCES RADIOACTIVES
dans les BIENS DE CONSOMMATION et les MATERIAUX DE CONSTRUCTION.
(CRIIRAD)

http://www.criirad.org/mobilisation/5mai2009.html#1

 

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Audience EDF reportée – Déchargement de gravats radioactifs dans une carrière

EDF a fait reporter l'audience prévue le 3 avril 2013 au tribunal de Bourg en Bresse. Examen par le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse de l'affaire du déchargement de gravats radioactifs par la centrale du Bugey en 2011.

Le Parquet de Bourg-en-Bresse a décidé d’engager des poursuites à l'encontre d'EDF et du directeur de la centrale du Bugey. L’audience aura lieu le 3 avril 2013, à 15h30, au tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse.

Rappel des faits :

Le 9 août 2011, un camion provenant de la centrale nucléaire du Bugey a déchargé des gravats présentant des traces de radioactivité dans une carrière utilisée pour stocker des déchets non radioactifs. Le Réseau "Sortir du nucléaire" a déposé une plainte.

La centrale nucléaire du Bugey est implantée au cœur de la région du Bugey, sur la commune de Saint-Vulbas (Ain), à 19 kilomètres d’Ambérieu-en-Bugey et à 35 kilomètres à l’est de Lyon. Le site du Bugey abrite notamment un réacteur de la filière graphite-gaz en cours de démantèlement (réacteur n° 1).

Le 9 août 2011, la centrale nucléaire du Bugey a procédé à l’évacuation d’une benne de gravats considérés comme des déchets conventionnels vers une carrière régulièrement utilisée par EDF et autorisée à recevoir ces matériaux.

Le camion a été contrôlé à la sortie de la centrale pour vérifier l’absence de radioactivité et pour confirmer le caractère conventionnel de son chargement. La présence de radioactivité a été détectée, mais le signal sonore et la barrière empêchant la sortie des véhicules ne fonctionnaient pas. Seul un gyrophare s’est déclenché, mais n’a pas été repéré immédiatement.

Quelques minutes après la sortie du camion, la direction de la centrale a identifié le problème. Cependant, le conducteur du camion n’a pas pu être prévenu avant d’avoir déchargé.

Le service radioprotection du site s’est rendu sur place et a établi une cartographie radiologique. Au point de contamination le plus élevé, le niveau de radioactivité était environ 3 fois supérieur au niveau naturel observé sur le site. EDF a procédé à la récupération du chargement le 10 août pour le réacheminer sur le site du Bugey.

L’ASN a conduit une inspection le 11 août afin de comprendre les circonstances de cet incident et vérifier que l’ensemble du chargement avait été récupéré par EDF. Il en résulte notamment que les gravats qui sont sortis du site le 9 août sont issus du chantier du réacteur n° 1 situé dans le local « HM 504 » qui n’est ni une zone réglementée au titre de la radioprotection, ni une zone à déchets conventionnels. Les inspecteurs de l’ASN ont constaté que ce local présentait deux sources de contamination radioactive : un regard de collecte des eaux perdues ainsi qu’une cuve et divers matériels placés sur rétention.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" a porté plainte pour ces graves défaillances le 26 juin 2012. Le Parquet de Bourg-en-Bresse a décidé d’engager des poursuites. L’affaire devait être examinée le 3 avril 2013, par le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse. Suite à une demande de renvoi de l’avocat d’EDF, l’audience sera reportée à une date ultérieure.

Visualiser la plainte de SDN : http://groupes.sortirdunucleaire.org/IMG/pdf/Plainte_de_finitive_PDF.pdf

 

 

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Lyon, ville la plus atomique de France

Jeudi 28 mars, à l'aube, des activistes de Greenpeace ont projeté un immense message sur la centrale nucléaire de Fessenheim sur lequel on pouvait lire "Pourquoi seulement moi ?" Cette opération accompagne la publication d’un rapport qui révèle et analyse les cinq centrales nucléaires françaises à fermer en priorité : Blayais, Bugey, Fessenheim, Gravelines et Tricastin.

En avril 2011, Lyon Capitale avait publié un dossier sur les risques nucléaires en Rhône-Alpes, l'une des régions les plus nucléarisées du monde

En voici un extrait.

Dossier paru dans Lyon Capitale-le mensuel d'avril 2011.

Lyon est l’une des très rares métropoles de la planète à être cernée par autant de centrales nucléaires en activité. On compte, en Rhône-Alpes, une tranche nucléaire pour 430.000 habitants, l’un des taux les plus élevés au monde. Face au risque invisible et redoutable de l’atome, Lyon n’a pas d’autre choix que de vivre avec.

Face à l’onde de choc de l’accident nucléaire japonais qui s’est propagée en France, François Fillon a promis un audit du parc nucléaire français. Ces mesures de contrôle de la sûreté des centrales porteront particulièrement sur les risques d’"agressions externes" de type inondation, séisme ou canicule. La région, qui compte un quart des réacteurs français – fournissant 22% de l’électricité du pays –, devrait faire l’objet d’un suivi “approfondi” selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). L’objectif est de répondre à des questionnements légitimes : les quatre centrales de la région sont-elles dimensionnées pour résister à un tremblement de terre ou à une montée des eaux ? Quels dégâts peut générer le crash d’un avion de ligne sur un réacteur ? Est-il dangereux d’habiter aux alentours d’une centrale ?

Carte Risques sismiques 1 © Lyon Capitale
@Lyon Capitale

Risque sismique 

La prise en compte du risque sismique dans l’industrie nucléaire se base sur le plus gros séisme qui a eu lieu dans la région d’implantation des centrales, à la magnitude duquel on rajoute 0,5. Ainsi, la centrale du Tricastin peut résister à un tremblement de terre de magnitude 5,2 alors que le séisme référent (1873) était de magnitude 4,7.

Selon Éric Debayle, sismologue à l’ENS Lyon, "en Rhône-Alpes, on s’attend à un séisme de magnitude 5 tous les trente ans et à un séisme de magnitude 6 tous les trois cents ans. Comparé au séisme japonais, ce sera vingt-sept mille fois inférieur".

Olivier Bellier, du Centre européen de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement (Cerege), explique le contexte local par le fait que les failles du sud-est de la France, dont certaines remontent en région, se déplacent "à des vitesses très lentes, de l’ordre de 0,1 mm par an", alors qu’au Japon les plaques bougent de 8,3 cm par an.

"Mais rien ne dit qu’un jour de plus gros séismes ne pourront pas se produire, tempère François Thouvenot, sismologue pour le réseau de mesures sismiques Sismalp, compte tenu du peu de recul que nous avons." 

Dans l’émission C dans l’air du 7 avril 2009, le géophysicien Vincent Courtillot, directeur de l’Institut du globe, allait même jusqu’à dire qu’ "il y a quelques décennies, les organismes qui étaient chargés d’installer les centrales nucléaires étaient ceux qui payaient les géologues qui devaient leur dire s’il y avait des risques ou pas. Les géologues ont eu tendance à ne pas bien voir les failles".

Tous les experts sont néanmoins unanimes pour dire qu’un séisme de magnitude 9 comme celui du Japon est pratiquement exclu en France.

Pourquoi les centrales sont-elles dans des zones sismiques ?

"La vallée du Rhône (le couloir rhodanien) est une immense faille, très ancienne. Si le Rhône coule à cet endroit, c’est justement parce qu’il s’est "glissé" dans cette zone de faille, explique le sismologue François Thouvenot. Or, les centrales ont besoin d’énormes quantités d’eau pour refroidir leurs réacteurs. D’où leur proximité des fleuves."

Risque d’inondation 

Du fait de leur proximité avec le Rhône, toutes les centrales de la région sont soumises au risque d’inondation et donc potentiellement situées en zone inondable. En France, l’incident de référence est celui de la centrale du Blayais, en Gironde. Dans la nuit du 27 au 28 décembre 1999 (la grande tempête), l’eau de l’estuaire de la Gironde avait franchi les digues et inondé les sous-sols de cette centrale, mettant hors d’usage des installations de sécurité. La moitié des pompes qui prélèvent l’eau de la Gironde avaient été noyées. Or, ce sont ces pompes qui permettent de refroidir l’ensemble du réacteur. Sans eau, le cœur du réacteur entre en fusion, pouvant conduire à la rupture de l’enceinte de confinement. Heureusement, on n’en est pas arrivé à ce stade. Pourtant, dès 1998, la nécessité d’une surélévation de 50 cm des digues avait été notifiée à EDF, qui avait repoussé les travaux, probablement en raison de leur coût.

Risque de radiation

Peut-on être irradié en habitant près d’une centrale ? La vérité est ailleurs… Du côté de l’Allemagne. Une vaste étude, commandée par le Gouvernement et portant de 1980 à 2003 sur des populations habitant dans un rayon de 5 km autour des centrales, est sans appel : "Le risque de développer une tumeur ou une leucémie augmente de manière significative en corrélation avec la proximité du lieu d’habitation et d’un réacteur." 

Les enfants qui habitent à moins de 5 km d’une centrale ont un risque plus élevé de 60% de développer un cancer avant l’âge de 5 ans. Ce risque est accru de 117% pour ce qui est des leucémies. En ligne de mire : les radiations et les rejets d’effluents radioactifs dans l’air et dans l’eau en quantités réglementées. Des normes existent et sont généralement respectées. Mais cette étude rappelle que toute dose de rayonnement comporte un risque cancérigène et génétique. Au menu : cuivre, zinc, morpholine, ammoniaque, phosphates, bore, hydrazine, chlorure, etc., qui se retrouvent dans les nappes phréatiques.

Carte 2 © Lyon Capitale
@Lyon Capitale

Risque bactériologique

Inoffensives les vapeurs qui sortent des tours des centrales ? Question radioactivité, oui, ces vapeurs d’eau sont réputées inoffensives. Mais elles peuvent contenir un danger d’une tout autre nature : les légionelles. Des bactéries tueuses qui prolifèrent dans les eaux douces à des températures comprises entre 25 et 45°C et qui, inhalées, provoquent des troubles respiratoires. Les légionelles étaient si inquiétantes que l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) s’en est mêlée. L’Afsset a estimé que les seuils tolérés pour les tours aéroréfrigérantes des centrales étaient trop élevés (les tours permettent d’évacuer dans l’atmosphère, sous forme de vapeur d’eau, une partie de la chaleur produite par les réacteurs). Les centrales de Cruas et du Bugey sont concernées.

Risque de crash aérien

Une centrale peut-elle résister au crash d’un avion ? Oui, dit EDF. La structure des centrales nucléaires rhônalpines a été dimensionnée pour supporter l’impact d’un avion de type Cessna 210 de 1.500 kg (projectile "dur" et perforant) ou d’un biréacteur d’affaires de 5.700 kg (projectile "mou") de type Learjet 23. La vitesse d’impact prise en compte est de 100 m/s, ce qui correspond à 360 km/h. EDF estime la "probabilité de chute d’avion à 0,1 par ansur une enceinte de confinement.

Quant au réacteur dit de troisième génération, l’EPR, dont plusieurs sont en construction à Flamanville (Manche), en Finlande et en Chine, l’association Sortir du nucléaire a créé la polémique en publiant, courant 2006, un document "confidentiel défense". Le document indiquait que l’enceinte, une double paroi en béton armé, avait été conçue avant le 11 septembre 2001, pour résister à une chute d’avion militaire mais pas à une chute d’avion commercial. Depuis mars 2010, Areva affirme sur ses plaquettes commerciales que le réacteur résisterait bien au crash d’un gros avion de ligne, "de type A380précise Jean-François Carenco, préfet de Rhône-Alpes.

Si le doute existe pour l’EPR, il n’y en a aucun concernant les centrales de "deuxième génération" présentes dans la région : elles ne résisteraient pas au crash d’un avion de ligne. Dans le cas où cela se produirait, l’enceinte de confinement serait détruite, provoquant la libération de radioactivité. Surtout, la centrale pourrait exploser, et là…

Risque de canicule

De grosses chaleurs n’ont aucune influence sur le fonctionnement d’une centrale. À un bémol près. Il ne doit pas faire plus de 50°C dans le bâtiment qui abrite le réacteur nucléaire. Vu comme ça, on a du mal à imaginer la centrale muer en sauna. C’est pourtant ce qui est arrivé lors de la canicule de 2003, à Fessenheim, en Alsace. EDF a dû asperger les murs de béton de la tranche n°1 avec des brumisateurs, en pompant l’eau de la nappe phréatique voisine, à raison de à 5 m3 d’eau par heure.

Au-dessus de 50°C, les matériaux électriques se dégradent, ce qui peut entraîner d’importants dysfonctionnements dans la centrale. Enfin, quand les rivières sont basses, le cocktail chimique rejeté dans l’eau quotidiennement par les centrales a tendance à moins se diluer.

Risque Tchernobyl

Selon l’Académie des sciences de New York, qui a récemment publié le recueil le plus complet de données scientifiques concernant la nature et l’étendue des dommages infligés aux êtres humains et à l’environnement à la suite de l’accident de Tchernobyl, le nombre de décès à travers le monde attribuables à ses retombées, entre 1986 et 2004, est de 985.000, un chiffre qui a encore augmenté depuis cette date. Des 830.000 "liquidateurs" intervenus sur le site après les faits, 112.000 à 125.000 sont morts. Les pays les plus touchés sont la Biélorussie, la Russie et l’Ukraine.

Selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ont été contaminés des territoires habités par plus de 7 millions de personnes, dans un rayon de 100 km autour de la centrale et jusqu’à 500 km au nord-est de celle-ci.

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Centrale du Bugey (Ain)

Centrale du Bugey © EDF

FICHE D’IDENTITÉ

Situation : 45 km de Lyon

Commune d’implantation :Saint-Vulbas

Puissance : 4 réacteurs de 900 MW

Démarrage des réacteurs 2 et 3 : 1978

Démarrage des réacteurs 4 et 5 : 1979

Production : Fournit l’équivalent de 40% de la consommation annuelle électrique de Rhône-Alpes, soit 5% de la consommation française.
Un réacteur à uranium naturel graphite gaz, mis en service en 1972 et arrêté en 1994, est actuellement en cours de démantèlement.

Nombre de personnes employées : 1.200

Taxe foncière : 2,8 millions d’euros

Autres redevances : 62,4 millions d’euros

RISQUE SISMIQUE

Séisme de référence : 1822 (Bugey-Chautagne) – Magnitude 5,5

La commune de Saint-Vulbas, où est implantée la centrale du Bugey, se trouve en zone sismique modérée. Le dernier séisme a été enregistré le 11 janvier 2006, à 35 km du site nucléaire. Le tremblement de terre, de magnitude 3,5 sur l’échelle de Richter, a produit quelques dégâts très limités (chute d’une cheminée et de tuiles, fissuration du dallage de l’église) dans le village de Conand, sous lequel se situait l’épicentre (940 m de profondeur). Selon l’Autorité de sûreté nucléaire, la centrale est dimensionnée pour résister à un séisme de magnitude 6. François Thouvenot, sismologue responsable du réseau Sismalp, une zone de failles "assez peu active" pourrait se situer sur le coude du Rhône, près de la centrale.

RISQUE D’INONDATION

Crue millénale de référence : 3 400 m3/s

"Initialement, le site du Bugey a été construit sur une plate-forme aménagée permettant de préserver le site en cas de crue millénale du Rhône", explique la centrale.
Le scénario dimensionnant et majorant est celui d’une rupture du barrage de Voulgans (103 m de haut au-dessus de l’Ain, 605,7 millions de m3) sur crue centennale de l’Ain cumulée à cette crue historique du Rhône. Il y aurait alors une vague qui descendrait de la rivière jusqu’au fleuve.

RISQUE BACTÉRIOLOGIQUE

La centrale est concernée par le risque de prolifération de légionelles dans l’air, occasionnée par ses quatre tours aéroréfrigérantes.

RISQUE DE CANICULE

Le problème des fortes chaleurs est le rejet dans le fleuve d’eau trop chaude, avec des conséquences sur la faune et la flore. Le 20 juillet 2003, la centrale a relâché des eaux supérieures de 0,9°C à la réglementation. Dix jours plus tard, la centrale a commis une infraction pendant 9 heures. La température mesurée n’a pas été révélée.

RISQUE TCHERNOBYL

Si un accident identique à Tchernobyl se produisait un jour à la centrale du Bugey, les départements du Rhône (1,7 million d’habitants), de l’Ain (560.000 habitants) et de l’Isère (1,26 million) seraient entièrement touchés.

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Centrale du Tricastin (Drôme)

Centrale du Tricastin © EDF

FICHE D’IDENTITÉ

Situation : 175 km de Lyon

Implantation : Saint-Paul-Trois-Châteaux

Puissance : 4 réacteurs de 900 MW

Démarrage des réacteurs 1 et 2 : 1980

Démarrage des réacteurs 3 et 4 : 1981

Le réacteur n°1 est le premier réacteur français à avoir été prolongé de 10 ans.

Production : Fournit l’équivalent de 40 % de la consommation annuelle électrique de Rhône-Alpes, soit 5% de la consommation française. Nombre de personnes employées : 1.500

Taxe foncière : 2,1 millions d’euros

Autres redevances : 18,9 millions d’euros

RISQUE SISMIQUE

Séisme de référence : 1873 (Tricastin) – Magnitude 4,7

Les 630 hectares du site nucléaire du Tricastin (1 centrale, 5 usines permettant de transformer l’uranium issu des mines en combustible pour les réacteurs, 1 usine de décontamination) sont à cheval sur deux départements (Drôme, Vaucluse) et trois communes (Pierrelatte, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Bollène). La zone est classée en aléa sismique modéré. Le Tricastin serait sur un segment nord de la faille des Cévennes. Pour Olivier Bellier, chercheur au Cerege, "la centrale se situe entre deux accidents majeurs français, la faille des Cévennes et la faille de Nîmes, non considérées comme des failles actives par la grande majorité des experts". Ce qui n’exclut pas de futurs séismes, les derniers de forte intensité (VII à VIII) datant de 1773 et 1873 – dégâts massifs avec destruction des habitations les plus vulnérables. Le dernier séisme enregistré par Sismalp remonte au 25 novembre 2008 : une magnitude de 2,1 à 10 km de Pierrelatte. Selon EDF, le Tricastin peut résister à un séisme de magnitude 5,2. Lors de la troisième visite décennale de l’ASN, EDF a investi 5 millions d’euros pour mieux se protéger en cas de séisme (renforcement de la structure de la salle des machines, supports de plancher en acier). Quant à l’usine d’enrichissement d’uranium Georges-Besse II, dont les travaux sont actuellement en cours, elle repose sur des appuis antisismiques.

RISQUE D’INONDATION

Crue millénale de référence : 11 910 m3/s

Lors de sa troisième visite décennale, l’ASN a estimé que "la protection de la centrale nucléaire du Tricastin en cas de crue millénale majorée n’est pas assurée à ce stade". EDF a jusqu’au 31 décembre 2014 pour réaliser des travaux portant sur l’aménagement hydraulique du canal de Donzère-Mondragon.
La nouvelle usine d’enrichissement de l’uranium Georges-Besse II a été élevée 4 mètres au-dessus du niveau du sol pour éviter les inondations basées sur la crue millénale de référence majorée de 15%.

RISQUE DE CANICULE

Du 12 au 22 juillet 2003, la centrale nucléaire du Tricastin a dépassé à plusieurs reprises la température autorisée (27°C) du canal de Donzère-Mondragon, en aval du site, pour une durée totale supérieure à 44 heures et une température maximale atteinte de 28,8°C.

RISQUE TCHERNOBYL

Si un accident identique à Tchernobyl se produisait un jour à la centrale du Tricastin, les conséquences pourraient être encore plus désastreuses que sur les autres sites, compte tenu de la présence d’une usine d’enrichissement et de conversion de l’uranium. La radioactivité dégagée par les seuls réacteurs en fusion couvriraient l’Ardèche (230.000 habitants) et la Drôme (480.000).

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Centrale de Saint-Alban (Isère)

Centrale de Saint-Alban © EDF

FICHE D’IDENTITÉ

Situation : 50 km de Lyon

Commune d’implantation : Saint-Alban-du-Rhône

Puissance : 2 réacteurs de 1.300 MW

Démarrage du réacteur 1 : 1985

Démarrage du réacteur 2 : 1986

Production : Fournit l’équivalent de 13% de la consommation électrique de Rhône-Alpes.

Nombre de personnes employées : 670

Taxe foncière : 5,5 millions d’euros

Contribution économique territoriale : 14,25 millions d’euros

RISQUE SISMIQUE

Séismes de référence : 24 juin 1878 (Villefranche-Lyon) et 9 septembre 1879 (Lagnieu) – Magnitude 4,7 et 5,1

Saint-Alban est en zone d’aléa sismique modéré, comme les trois quarts du territoire régional.

Un séisme de magnitude 2,1 a été enregistré le 24 juin 2010 tout près de Grenoble. La centrale iséroise peut, selon son concepteur, résister à un séisme de 5,5 sur l’échelle de Richter.

RISQUE D’INONDATION

Crue millénale de référence : 8.150 m3/s

Des travaux d’un montant de 1,5 million d’euros débutés en 2007 viennent de s’achever pour construire une digue et un muret au nord du site.

La digue a été construite pour résister à une crue de 9.370 m3/s (majoration de 15%).

Pour comparaison, le débit moyen du Rhône est de 1.600 m3/s.

RISQUE DE CANICULE

Le 14 juillet 2003, la centrale nucléaire a commis une infraction d’une durée de 4 heures et d’une valeur moyenne de +0,36°C au-dessus de la limite autorisée ; le 21 juillet suivant, une infraction en moyenne de +0,3°C, pendant 5 heures.

RISQUE TCHERNOBYL

Si un accident identique à Tchernobyl se produisait un jour à la centrale de Saint-Alban, il affecterait la moitié des départements de l’Ardèche, de la Drôme (dont l’agglomération de Valence qui compte 120.000 habitants), de l’Isère (dont l’agglomération de Grenoble et ses 400.000 habitants).

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Centrale de Cruas (Drôme)

Centrale de Cruas © EDF

FICHE D’IDENTITÉ

Situation : 140 km de Lyon

Communes d’implantation : Cruas et Meysse

Puissance : 4 réacteurs de 900 MW

Démarrage des réacteurs 1 et 2 : 1984

Démarrage des réacteurs 3 et 4 : 1985

Production : Fournit l’équivalent de 40% de la consommation annuelle électrique de Rhône-Alpes, soit 5% de la consommation française.

Nombre de personnes employées : 1.100

Taxe foncière : 5,5 millions d’euros

Autres redevances : 24,2 millions d’euros

RISQUE SISMIQUE

Séisme de référence : 8 août 1873 (Châteauneuf-du-Rhône) – Magnitude 4,7

La centrale de Cruas-Meysse est la seule centrale nucléaire française à avoir été construite sur des appuis antisismiques. La géologie locale y est pour beaucoup : les terrains durs propagent plus vite les ondes sismiques, alors que sur des terrains meubles les vibrations sont piégées. La centrale de Cruas se trouve non loin d’un segment au nord de la grande faille des Cévennes, pour laquelle certains experts suggèrent une activité possible. EDF a dimensionné cette centrale pour résister à un séisme de magnitude 5,2.

RISQUE D’INONDATION

Crue millénale de référence : 11.390 m3/s

Le 2 décembre 2009, l’arrivée massive de végétaux a bloqué l’arrivée d’eau dans une des stations de pompage de la centrale et a conduit à la perte totale du refroidissement de systèmes importants pour la sûreté du réacteur n°4.

RISQUE BACTÉRIOLOGIQUE

La centrale est concernée par la prolifération de légionelles occasionnée par ses trois tours aéroréfrigérantes.

RISQUE TCHERNOBYL

Si un accident identique à Tchernobyl se produisait un jour à la centrale de Cruas, les départements de l’Ardèche (230.000 habitants) et de la Drôme (480.000) seraient entièrement touchés par les rejets de radioactivité.

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REPÈRES

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ASN

Exposition et effets des radiations

0,00009 mSV

Débit de dose horaire reçue par les Lyonnais, le 28 mars 2011, suite à l'accident de Fukushima. Soit 3 fois moins que la radioactivité naturelle reçue pendant un an. Il s'agit des rayons gamma, des ondes électromagnétiques émises par les atomes radioactifs lors de leur désintégration.

0,001 mSV

Dose reçue lors de notre visite de une heure dans l’un des réacteurs (à l’arrêt) de la centrale du Bugey.

0,007 mSV

5 heures de vol en avion.

0,1 mSV

Radiographie des dents.

1 mSV

Limite légale que peut recevoir le public (radioactivité non naturelle). Pour la Criirad*, cette dose n’est pas inoffensive, avançant le chiffre d’un mort pour 500.000 personnes.

2,45 mSV

Radioactivité naturelle.

10 mSV

Scanner du corps entier.

20 mSV

Dose annuelle maximale imposée aux travailleurs du nucléaire.

33 mSV

Exposition moyenne des personnes évacuées des zones hautement contaminées de Tchernobyl (expositions maximales de l’ordre de quelques centaines de mSV).

50 mSV

Exposition moyenne des personnes habitant dans les zones strictement contrôlées de Tchernobyl (exposition cumulée de 1986 à 2005).

70 mSV

Traitement thérapeutique de la thyroïde (dose moyenne sur tout le corps).

100 mSV

Dose annuelle à partir de laquelle la probabilité de développer un cancer augmente significativement.

117 mSV

Dose moyenne reçue par les “liquidateurs” de Tchernobyl.

400 mSV

Dose partielle reçue en une heure, mardi 15 mars, sur le site de Fukushima selon l’AIEA.

6 000 mSV

Tous les salariés ayant reçu cette quantité de radiations durant l’accident de Tchernobyl sont morts en un mois.

* Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité.

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