10 mai 2013 archives

ICEDA: l’Ae s’interroge sur les évaluations d’EDF concernant les déchets nucléaires à entreposer

L'Ae s'inquiète du dimensionnement du centre d'entreposage de déchets radioactifs du Bugey, compte tenu d'incertitudes concernant le programme de démantèlement d'EDF et du dernier inventaire des déchets radioactifs réalisé par l'Andra.

 

Réunie le 24 avril 2013, l'Autorité environnementale (Ae) du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) du ministère de l'Ecologie a rendu un avis sur le projet d'installation de conditionnement et d'entreposage de déchets activés (Iceda), à Saint-Vulbas (Ain).

L'Ae estime que trois éléments de l'étude d'impact nécessitent une actualisation. Il s'agit en premier lieu de la corrélation entre dl'évolution de l'estimation des volumes de déchets à entreposer et les dimensions des bâtiments. Il s'agit ensuite des modifications de conception apportées pour améliorer la portance du sol et de la prise en compte du risque d'inondation et du risque sismique dans la conception du bâtiment. Ces remarques se basent notamment sur "des différences et imprécisions" constatées après avoir comparé l'étude d'impact à d'autres documents publics.

A l'origine, la construction de l'Iceda a été autorisée par un décret du 23 avril 2010 et un premier permis de construire a été délivré par arrêté préfectoral du 22 février 2010. En décembre 2010, suite à la plainte d'un riverain, le tribunal administratif de Lyon a annulé le permis. Annulation confirmée en juin 2012 par la cour administrative d'appel pour non-conformité du permis avec le plan local d'urbanisme (PLU) de Saint-Vulbas, commune sur laquelle se trouve la centrale du Bugey. En décembre, la commune a modifié le PLU afin de permettre à EDF de déposer une nouvelle demande de permis de construire. C'est dans ce cadre que l'Ae a évalué l'étude d'impact présentée par EDF.

Quel volume de déchets radioactifs ?

"L'installation Iceda est indispensable au démantèlement de neuf réacteurs nucléaires", résume l'Ae qui s'interroge sur le dimensionnement du site qui découle directement de ce programme de démantèlement et de la gestion des déchets.

"Iceda a notamment pour but de conditionner et d'entreposer des déchets radioactifs produits dans le cadre « du programme EDF de démantèlement des centrales nucléaires de première génération et de Creys-Malville »", rappelle l'Ae, précisant que ce programme concerne neuf réacteurs. De plus, EDF entend aussi entreposer dans l'Ain des déchets radioactifs provenant de l'exploitation, de la maintenance et d'éventuelles modifications des centrales nucléaires à eau pressurisée. Ce "programme", au sens du code de l'environnement, comprend aussi le Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) prévu à Bure (Meuse) dont le débat public se tiendra cet été.

En clair, l'Iceda est au cœur du programme et son dimensionnement dépend d'une part des déchets entrants et d'autre part des envois de déchets vers le stockage définitif lorsqu'il sera disponible. Or, la stratégie de démantèlement présentée en 2009 a déjà pris du retard, notamment du fait de l'absence d'exutoire pour le graphite des réacteurs concernés, soulignait en janvier l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), qui demandait à EDF de revoir sa copie. Des incertitudes qui conduisent l'Ae à recommander à EDF "d'expliquer comment a été dimensionné le bâtiment, en relation avec les besoins d'entreposage résultant du programme de démantèlement à l'origine du décret de l'installation nucléaire de base (INB) Iceda".

Plus précisément, l'Ae recommande de présenter : pour les neuf réacteurs, les volumes estimés en 2012 des déchets devant transiter par l'Iceda ; les estimations correspondantes du nombre de colis à entreposer ; les marges existantes en cas de réévaluation à la hausse des besoins de traitement, de conditionnement et d'entreposage, en cours de démantèlement des neuf réacteurs.

Ces questions prennent d'autant plus d'importance que l'estimation fournie par EDF date et ne correspond apparemment plus à la réalité actuelle en matière de déchets nucléaires. Or, l'Iceda est prévue pour accueillir les déchets pour une durée maximale de 50 ans. "[La capacité de l'Iceda] a été déterminée en 2006 sur la base des données disponibles à l'époque", explique l'Ae, notant que "l'estimation des volumes de déchets radioactifs réalisée par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) dans l'édition 2012 de son inventaire national des déchets et matières radioactives a évolué par rapport à ses éditions précédentes". La gestion des déchets liés au démantèlement est d'ailleurs un sujet d'inquiétude pour l'Andra qui cherche à optimiser leur gestion compte tenu des volumes en jeu.

Source : Actu-environnement

http://www.actu-environnement.com/ae/news/iceda-avis-ae-saint-vulbas-bugey-brennilis-dechets-nucleaires-18411.php4#xtor=ES-6

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Le maire de Genève dit non aux déchets nucléaires au Bugey !

Pagani à Paris pour dire non aux déchets nucléaires au Bugey

Pagani à Paris pour dire non aux déchets nucléaires au Bugey

Le maire de Genève a dénoncé hier la création d’une décharge au Bugey (Ain). Le Canton doute de l’utilité de sa démarche.

C’est plus fort qu’eux. Même lorsqu’ils marchent main dans la main pour défendre les intérêts genevois, la Ville et le Canton réussissent à se brouiller. Le dernier exemple en date? Lundi matin, Rémy Pagani, maire de Genève, s’est rendu au siège de l’Autorité de sûreté nucléaire, à Paris, pour exprimer de vive voix l’inquiétude des autorités genevoises face à la création d’une décharge nucléaire au Bugey (Ain), à 70 kilomètres de Genève à vol d’oiseau. Le problème? Le Canton, qui a fait recours avec la Ville contre cette décision, n’était pas au courant du déplacement du maire. «La présence d’un élu suisse aux côtés de notre avocat français n’a de sens que dans une logique démonstrative et médiatique. Nous ne sommes pas convaincus qu’elle entraîne un quelconque effet dans l’avancement du dossier», estime Pierre Maudet, magistrat cantonal en charge des dossiers liés à l’énergie.

«Il faut être proactif. Le Canton ne l’est pas», réplique Rémy Pagani. Selon lui, le Canton agit par obligation, la Ville par détermination. «La Constitution oblige les autorités cantonales à s’opposer à l’installation de dépôts de déchets radioactifs. Voilà pourquoi le Canton a saisi la justice. La Ville, elle, mouille la chemise. Elle a par exemple voté un crédit de soutien de 175 000 francs pour les opposants à la centrale nucléaire de Mühleberg (Berne). Le nucléaire est une filière de production sans issue.»

«Ce dossier nous fait souci»

Un message martelé hier matin dans les locaux de l’Autorité de sûreté nucléaire. Rémy Pagani était accompagné des avocats français de la Ville et du Canton. Ces derniers ont pris connaissance de plusieurs documents liés à la procédure contre le site du Bugey. Le maire, lui, n’a pas tourné autour du pot. «Ce dossier nous fait souci. Il y a eu Tchernobyl, Fukushima, nous ne sommes pas rassurés. Ce dépôt est proche d’un aéroport, d’un barrage. En cas de catastrophe, les Genevois seraient touchés. Partagez-vous ces préoccupations?» demande Rémy Pagani à Jean-Jacques Dumont, un des dirigeants de l’Autorité de sûreté nucléaire. Réponse: «Fukushima nous a rappelé qu’il faut toujours améliorer les exigences en matière de sécurité.»

Source :http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Pagani-a-Paris-pour-dire-non-aux-dechets-nucleaires-au-Bugey/story/29051189

 

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